Patriarche Youssef

Synode spécial pour le Moyen-Orient 2010

10 10 2010



 

Les trois hommes clés du Synode
article publié le 08-10-2010 sur le site www.la-croix.com
Durant le Synode, trois hommes vont jouer un rôle clé pour l’animation et l’orientation des débats
 
P. Samir Khalil Samir : l’expert écouté
Né au Caire en 1938, le P. Samir Khalil est jésuite depuis 1955. Spécialiste reconnu du dialogue islamo-chrétien, il est docteur en théologie orientale et islamologie, et professeur de sciences religieuses à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il enseigne également les études islamo-chrétiennes à l’Institut pontifical oriental de Rome.

Auteur de plus de quarante ouvrages et d’un millier d’articles, il a fondé, à Beyrouth, le Centre de documentation et de recherches arabes chrétiennes (Cedrac), qui se consacre à l’étude du patrimoine arabe des chrétiens. Lucide et réaliste, le P. Samir poursuit ses recherches sans concessions ni démagogie: « Je suis arabe chrétien dans une culture musulmane, mais ma foi est chrétienne», affirme-t-il.

Pour lui, les Arabes chrétiens « sont des intermédiaires et peuvent apporter le fruit de leur expérience de plusieurs siècles ». Parmi ses ouvrages récents : Les raisons de ne pas craindre l’islam (Presses de la renaissance, 2007). Le P. Samir Khalil a participé, dès ses débuts, à la préparation du Synode et en sera l’un des experts les plus écoutés. (Photo : William ALIX/CIRIC)

S.B. Gregorios III Laham, patriarche melkite d’Antioche : le patriarche déterminé
Né en 1933 en Syrie, Sa Béatitude Grégoire III Laham a été élu, le 29 novembre 2000, 21e patriarche de son Eglise, de rite byzantin et de langue arabe, avec son siège à Damas (Syrie). Il a alors affirmé : « Notre Eglise est solidaire du monde arabe, car nous sommes arabes et notre Eglise est arabe. » Celle-ci est née en 1724 de la scission de l’Eglise melkite, fidèle au concile de Chalcédoine. Majoritaire parmi les catholiques en Syrie et en Israël, cette Eglise compte 1 350 000 fidèles, dont les deux tiers en diaspora.

Il y a un an, lors de la Rencontre pour la paix organisée par la communauté sant’Egidio à Cracovie (Pologne), Mgr Laham, membre du conseil présynodal, confiait à La Croix : « En Orient, je ne m’exprime jamais sans imaginer qu’il y a devant moi un musulman, un juif. Non pas pour en avoir peur, mais pour expliquer ma foi à un autre qui ne la partage pas. Le chrétien ne doit pas se placer sur une île. Chrétiens, musulmans ou juifs, si nous sommes incapables de dialoguer, nous sommes finis. Même dans notre situation particulière de chrétiens arabes dans le monde arabe, les chrétiens et les musulmans doivent lutter ensemble contre la perte de la foi. Le grand émiettement de l’islam peut l’empêcher de résister aux tentations du fanatisme.»

Mais l’urgence est pour lui la solution du conflit israélo-palestinien, « cause principale des dangers qui menacent la présence chrétienne au Moyen-Orient ». (Photo : Alain Elorza /CIRIC)

S.B. Antonios Naguib, patriarche copte d’Alexandrie : le rapporteur général du Synode
Agé aujourd’hui de 75 ans, il fut élu patriarche le 30 mars 2006. L’Eglise copte-catholique est unie à Rome depuis 1442. En 1895, Léon XIII créa ce Patriarcat, dont le siège est au Caire. Cette communauté compte en Egypte 250 000 membres, soit une minorité par rapport aux 8 millions de coptes-orthodoxes égyptiens.

Lors d’un récent passage en France, il a invité les catholiques occidentaux à « suivre de près les nouvelles positives et optimistes, plus que celles “à la mode” et pessimistes. Ces dernières font plus de bruit, se répandent plus et donnent l’idée que la situation générale est ainsi. Mais ce sont souvent des cas particuliers qui prennent une ampleur dans la presse parce que ça fait du bruit et que cela sort de l’ordinaire, quand l’ordinaire est la vie pacifique. »

Réagissant aux assassinats qui ont endeuillé le Noël copte en janvier dernier à Nag Hammadi, Mgr Naguib a déclaré : « Ce crime a été un choc qui a heurté leur sens d’appartenance au pays et de fraternité. Beaucoup le considèrent un acte confessionnel. Mais les plus sages y voient le résultat d’un ensemble de facteurs qui engendrent et nourrissent le fanatisme, ces mêmes facteurs cités par les sages penseurs musulmans. » (Photo : Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC)
 

Frédéric MOUNIER, à Rome 

 
Rome : Le patriarche Gregorios III salue le changement de l’ordre protocolaire lors de la liturgie de clôture du Synode pour le Moyen-Orient
 
Une plus grande visibilité pour les chefs des Eglises catholiques orientales
 
Rome, 25 octobre 2010 (Apic) Le patriarche d’Antioche, Gregorios III, a salué le changement de l’ordre protocolaire lors de la liturgie de clôture du Synode pour le Moyen-Orient
Gregorios III, patriarche d’Antioche (Photo: Wikimedia Commons)
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Pour la messe de clôture de l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, célébrée le 24 octobre par Benoît XVI, l’ordre protocolaire d’entrée dans la basilique Saint-Pierre a été modifié. Selon un communiqué du patriarcat grec-melkite, le nouvel ordre, permettant de distinguer le collège des patriarches de celui des cardinaux et de celui des évêques, a octroyé une visibilité plus grande aux chefs des Eglises catholiques orientales. Cette visibilité est jugée importante, au …




Liban
Assises

Un synode finit, un autre commence

Par Fady NOUN | mercredi, octobre 27, 2010

 « Un synode œcuménique avec tous les chrétiens de la région, catholiques, orthodoxes et protestants, est en préparation », annonce Grégoire III.
L'ouverture de l'année académique de l'Institut oriental pontifical aura été la dernière manifestation qui a vu, réunis à Rome, les patriarches des Eglises orientales catholiques ou leurs représentants au lendemain de la clôture de l'Assemblée spéciale du synode des évêques pour le Moyen-Orient.
Les patriarches ont assisté, à Sainte-Marie-Majeure, à la divine liturgie qui, cette année, était célébrée selon le rite maronite par le patriarche Sfeir, entouré d'un grand nombre d'évêques.
Une séance académique a inauguré la nouvelle année scolaire en présence du président du Conseil pontifical pour les Eglises orientales, le cardinal Sandri, chancelier de l'institut, et du supérieur général de la Compagnie de Jésus, le père Adolfo Nichola. Un déjeuner a réuni les présents.
Dans un entretien accordé au Figaro, le patriarche Grégroire III des grecs-catholiques a annoncé hier que l'élan imprimé à l'Assemblée des patriarches catholiques d'Orient se poursuivra et qu'un synode œcuménique était envisagé.
« J'espère que nous allons pouvoir travailler à un synode équivalent pour le Moyen-Orient avec tous les chrétiens de la région : catholiques, orthodoxes et protestants », a dit Grégoire III.
« Et si, face au poids des intérêts politiques, tout l'effort du synode n'était qu'utopie ? » A cette question posée par le correspondant du quotidien français, mais qui est sur toutes les lèvres, le patriarche Grégoire III a répondu : « L'échec ou la peur n'appartiennent pas au vocabulaire des chrétiens, qui sont les fils de la Résurrection ! Les chrétiens sont toujours optimistes. Nos dogmes ne divisent pas car ils ne disent rien d'autre que l'amour de Dieu pour les hommes. Tous, avec les musulmans, nous sommes responsables de la réussite de ce synode. »
Par ailleurs, le synode sur le Moyen-Orient a décidé de consacrer la région à la Vierge Marie. La dernière proposition (44) faite par l'assemblée affirme en effet : « Conscients des liens spéciaux qui, par dessein de Dieu, nous unissent à la mère de Jésus, nous proposons que toutes nos Eglises rassemblées confient, en un acte commun, tout le Moyen-Orient à la protection de la Vierge Marie. »
Une telle consécration devrait trouver un écho particulièrement favorable au Liban, où musulmans et chrétiens ont décidé de consacrer une fête nationale commune à la Vierge Marie.
A Rome même, la tenue du synode pour les Eglises catholiques du Moyen-Orient a convaincu le pape que les pays d'ancienne christianisation, comme le Moyen-Orient, ont besoin d'une nouvelle évangélisation. La prochaine Assemblée spéciale du synode des évêques, en 2012, sera donc consacrée à la nouvelle évangélisation, a donc décidé le chef de l'Eglise catholique.
Le pape en a fait l'annonce dimanche au cours de l'homélie qu'il a prononcée durant la messe de conclusion du synode des évêques pour le Moyen-Orient dans la basilique Saint-Pierre.
« La nécessité de reproposer l'Evangile aux personnes qui le connaissent peu ou qui se sont éloignées de l'Eglise a souvent été soulignée durant les travaux de l'Assemblée » pour le Moyen-Orient, a-t-il rappelé.
« Le besoin urgent d'une nouvelle évangélisation, notamment pour le Moyen-Orient, a souvent été évoqué », a-t-il ajouté en évoquant un « thème assez répandu, surtout dans les pays d'ancienne christianisation ».
Le pape a aussi rappelé la création, le 12 octobre, du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

Rome réfute les critiques israéliennes
Sur un autre plan, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a réfuté lundi les critiques contre le synode venues du côté israélien, après une déclaration d'un responsable israélien.
Le directeur de la communication du Vatican a fait observer que « si l'on veut avoir une expression synthétique des positions du synode, il faut actuellement s'en tenir au "Message", qui est le seul texte écrit commun approuvé par le synode ces derniers jours ».
Il a précisé que les « contributions données par les pères » représentent une » très grande richesse » et une « grande variété » de points de vue.
C'est pourquoi on ne peut pas « considérer chacun comme la voix du synode dans son ensemble ».
« Dans son ensemble, l'évaluation du synode et de ses travaux dans les paroles du Saint-Père et dans l'opinion commune des participants et des observateurs apparaît comme très positive », conclut le P. Lombardi.
Le message final du synode pour le Moyen-Orient consacre trois paragraphes à la « Coopération et dialogue avec nos concitoyens juifs ». Pour la première fois, les documents d'un synode sont disponibles en hébreu sur le site de Radio-Vatican. Une intervention a reflété la situation des chrétiens de langue hébraïque. Un rabbin a eu la parole et a rencontré Benoît XVI. Enfin, trois documents du synode ont condamné l'antisémitisme et l'antijudaïsme.
 
 

La paix, pour sauver la jeunesse :
l’appel du patriarche Gregorios III

« Le témoignage chrétien au service de la paix »

ROME, Jeudi 21 octobre 2010 (ZENIT.org) - Le patriarche Gregorios III souligne une nouvelle fois l'urgence de la paix au Proche-Orient « pour sauver la jeunesse ».
La Ville de Rome a en effet organisé, mardi 19 octobre, un colloque en collaboration avec le synode des évêques, Radio Vatican, le ministère italien des Affaires étrangères et le Centre International Communion et Libération, autour du thème : « Le témoignage chrétien au service de la paix. » Nous avons évoqué hier l'intervention du ministre italien des Affaires étrangères, M. Franco Frattini (cf. Zenit du 20 octobre 2010).
Pour sa part, indique un communiqué de Mme Nevine Hage Chahine, le patriarche Gregorios III, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem, « a pris une part effective aux débats rendant à « Roma Capitale » le salut de « Damas Capitale », siège du patriarcat d'Antioche des Grecs-melkites catholiques ».
Le patriarche Gregorios a ainsi voulu souligner « combien la paix est au cœur des préoccupations du chrétien et combien elle est urgente ». En effet, pour le patriarche, « la paix est la première des urgences pour sauver la jeunesse (... ), pour sauver la convivialité islamo-chrétienne.»
Il faisait écho aux propos du maire de Rome, Gianni Alemanno, qui disait son « espérance pour que les jeunes générations réussissent à trouver la voie juste pour une confrontation sans haine, dans le respect des identités et des appartenances » et « l'importance du rôle joué par les chrétiens au Moyen-Orient pour résoudre les conflits, et créer un climat de paix. »
Le même communiqué souligne que « l'un des soucis premier » du patriarche Gregorios III est de trouver une solution au conflit du Proche-Orient où il voit « la source de toutes les crises du Moyen-Orient ».
Le patriarche grec-melkite « espère que les pays amis d'Israël réussiront à faire - « en toute amitié » - pression sur le gouvernement israélien pour qu'il accepte de faire les concessions nécessaires à une paix possible et à chacun sa capitale ».
Le patriarche a dit sa position pour le statut de Jérusalem : « Les Israéliens ont déjà Tel-Aviv comme capitale administrative et les Palestiniens Ramallah capitale de l'Autorité palestinienne. Quant à Jérusalem elle sera pour tous. Elle sera la capitale de la foi ».
Le lendemain, mercredi 20 octobre, le patriarche Gregorios III, a présidé à Rome, à la résidence patriarcale de Rome, à l'église Santa-Maria in Cosmedin, le Saint-Synode de l'Eglise grecque-melkite catholique.
Le saint-synode a procédé à l'élection du futur métropolite de Homs, Hama et Yabroud d'une part et à l'élection des 2 sièges devenus vacants au synode permanent.
Le nom du métropolite élu de Homs, Hama et Yabroud va être soumis à la congrégation des Eglises orientales et au pape, qui le publiera ensuite par la salle de presse du Saint-Siège comme pour les autres nominations et élections.
La prochaine réunion du saint-synode grec-melkite se tiendra les 20-25 juin 2011, indique la même source.

 

Anita S. Bourdin

 

« Le synode de la lumière »,
par le patriarche Gregorios III

 
Célébration dominicale à Santa Maria in Cosmedin
ROME, Mardi 19 octobre 2010 (ZENIT.org) - Le patriarche grec-melkite Gregorios III, espère que ce synode convoqué par Benoît XVI pour le Moyen-Orient sera le « synode de la lumière ».
Le patriarche a en effet célébré la Divine liturgie en l'église grecque-melkite catholique de Rome, Santa Maria in Cosmedin, dimanche, entouré de nombreux évêques grecs-melkites catholiques et d'autres personnalités présents à Rome pour le synode.
Ce dimanche 17 octobre coïncidait avec la fête des pères du Concile de Nicée, 7ème concile œcuménique, qui a condamné l'iconoclasme, précise un communiqué du patriarcat. C'est à la suite de cette crise qu'au VIIIe siècle le pape Hadrien 1er la confia aux Grecs fuyant les persécutions iconoclastes et réfugiés à Rome.
L'église de Santa Maria in Cosmedin fut rendue au rite byzantin quand le pape Paul VI l'attribua en 1965 à Maximos IV et à tous ses successeurs comme « pied-à-terre » romain.
Dans son sermon le patriarche a salué ce synode, remerciant Benoît XVI de l'avoir convoqué.
Pour Gregorios III c'est probablement là « le plus grand des synodes », avec Vatican II. Il a notamment souligné « la grande liberté de parole », la possibilité donnée à chacun de « s'exprimer librement ».
Il a également invoqué l'intercession des Pères du 7ème concile pour que ce synode soit « le synode de la lumière » et que « cette lumière illumine l'Orient et l'Occident ».
Le patriarche a également rendu hommage à Mgr Philippe Brizard directeur honoraire de l'Œuvre d'Orient.
Il a spécialement salué l'archimandrite Mtanios Haddad, recteur de Santa Maria in Cosmedin et apocrisiaire patriarcal auprès du Saint-Siège et dont il a salué le travail exemplaire pour la restauration des locaux paroissiaux.

 

Anita S. Bourdin

 
La télévision catholique française KTO
couvrira le Moyen-Orient

Un des vœux du synode

ROME, Jeudi 21 octobre 2010 (ZENIT.org) - La télévision catholique française KTO couvrira le Moyen-Orient : le patriarcat grec-melkite d'Antioche, qui a son siège à Damas, salue, dans un communiqué, cette annonce faite par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence épiscopale française, mardi, 19 octobre à l'ambassade d'Egypte près le Saint-Siège.
Le Moyen-Orient pourra - « c'est en train de se faire » déclare KTO aujourd'hui à Zenit - recevoir KTO par satellite (Satellite Atlanticbird 4 A) .
L'ambassade d'Egypte près le Saint-Siège, à Rome, a en effet offert une réception en l'honneur des patriarches et évêques majeurs présents à Rome et à Saint-Louis des Français.
Le cardinal Vingt-Trois, indique Mme Nevine Hage Chahine, a dit accorder son haut patronage à l'annonce de la couverture du Moyen-Orient par KTO, la chaîne catholique française.
Cette décision répond en partie aux attentes du synode. Dans son « rapport après le débat », le patriarche copte égyptien Antonios Naguib a en effet exprimé ce voeu, lundi dernier : « On a souhaité que Telepace et KTO et d'autres media catholiques mettent des sous-titres arabes à leurs émissions, et qu'elles consacrent des périodes pour l'émission de programmes en arabe. Elles consolident aussi les relations interreligieuses. Il est indispensable d'établir des plans et des moyens pour assurer la communication des résultats de ce Synode, et la mise en pratique de ses lignes directives et de ses recommandations ».
Ce synode a certainement été le « plus francophone » de ces dernières années, et en demande par rapport à la francophonie et à la France.

 

Anita S. Bourdin

 
S.B Grégoire III Laham propose un synode régulier pour le Moyen-Orient
Deuxième émission spéciale sur le Synode, avec Sa Béatitude Mgr Grégoire III Laham, Patriarche melkite d'Antioche des Syriens. Il nous livre son témoignage sur les chrétiens syriens et appelle de ses voeux un synode régulier pour le Moyen-Orient.  
http://www.radiovaticana.org/FR1/articolo.asp?c=429352
http://www.radionotredame.net/emission/synode_orient/2010-10-12
 
 

ZF10101706 - 17-10-2010
Permalink: http://www.zenit.org/article-25745?l=french

L’urgence de la paix, appel du patriarche Gregorios III
ZENIT
Atteindre au plus vite une paix concrète
ROME, Dimanche 17 octobre 2010 (ZENIT.org) - Une revue de presse quotidienne signale les publications sur le synode sur le site internet du patriarcat grec-melkite à l'adresse : www.pgc-lb.org. Le patriarche Gregorios III, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem apparaît comme un des pasteurs clef au Moyen-Orient. Au synode, il a indiqué l'urgence de la paix. Non pas du « processus » de paix, mais de l'objectif de la paix concrète.
Un communiqué du patriarcat signale que la journée du 13 octobre 2010 a été marquée par la visite protocolaire que les 7 patriarches ou évêques majeurs, dont Sa Béatitude Gregorios III patriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem, ont rendue au président de la République italienne, M. Giorgio Napolitano. Dans son allocution il s'est plu a rappelé son voyage en Syrie et au Liban qui la marqué par le pluralisme confessionnelle de ses deux pays où les communautés religieuses chrétiennes et mahométanes vivent côte à côte.
C'était ensuite le tour de parole du métropolite de Tyr (Liban) et des archevêques de Lattaquié (Syrie) et de Sidon (Liban), Mgr Georges Bacouni, Mgr Nicolas Sawaf et Mgr Elie Haddad.
Mgr Bacouni a souligné le rôle crucial des mouvements charismatiques dans l'évangélisation des jeunes et leur formation voyant là un espoir de renouveau pour les Eglises orientales. Toute son intervention était placée sous le signe des disciples d'Emmaüs.
Mgr Sawaf a mis l'accent sur la formation dans un monde sécularisé en déclarant: «Nous vivons dans un monde sécularisé et globalisé, où le nombre des hommes qui n'ont aucun intérêt pour la question de Dieu ou qui agissent sans référence chrétienne est démesurée par rapport au nombre de ceux qui se reconnaissent chrétiens et croyants. Ceux auxquels s'adresse la catéchèse doivent s'établir dans une double relation: relation d'appartenance à une communauté fondée sur l'unité de foi et relation à une communauté fondée sur l'unité de l'acceptation du pluralisme et de la diversité...Nous manquons au Moyen-Orient d'une catéchèse qui tienne compte de notre culture arabe, de nos traditions chrétiennes et de nos richesses liturgiques »
L'intervention de Mgr Haddad a été un cri d'alarme au synode pour que toute l'attention soit portée sur les ventes des terrains par une population chrétienne dans le besoin et l'urgence. Il a appelé à « Créer une stratégie unifiée, voire une solidarité de toutes les Eglises au niveau National (APECL ou autres) ainsi qu'au niveau International [...] sous la vigilance du Saint Siège. ». Et il a ajouté qu'il serait souhaitable que les organismes d'aide aux Chrétiens d'Orient transforment leur assistance en « aide au développement » pour créer des emplois et maintenir les Chrétiens dans leur terre.
 
 
 
ZF10101703 - 17-10-2010
Permalink: http://www.zenit.org/article-25742?l=french

Intervention au synode du patriarche grec-melkite Gregorios III
ZENIT
La paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le Proche-Orient
ROME, Dimanche 17 octobre 2010 (ZENIT.org) - « La paix est aujourd'hui le vrai défi, le grand jihad et le grand bien », déclare S. B. Gregorios III, patriarche grec-melkite d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem.
Pour le patriarche Gregorios III, en effet, la grande « lutte » - djihad au sens spirituel - c'est de travailler pour arriver à la paix au Moyen Orient.
Le deuxième jour des travaux du synode sur le Moyen-Orient, le patriarche a en effet prononcé son intervention sur le thème de « La Paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le Proche-Orient ».
Il a repris le thème central de sa lettre de Noël 2006 en insistant sur l'enjeu et les conséquences dramatiques de l'émigration des chrétiens : « La société arabe deviendra une société d'une seule couleur, une société uniquement musulmane, et ainsi le Proche-Orient deviendrait la région d'une société arabe et musulmane face à une société européenne dite chrétienne. Si cela arrivait... cela voudrait dire que toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions. Un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien. Un conflit de l'islam et du christianisme. »
Voici le texte intégral de cette intervention, en français :
« La paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le Proche-Orient »
La paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le monde arabe sont liés d'une manière existentielle et ferme. La paix au Proche-Orient est la clef de tous les biens dont cette région.
Nous avons toujours insisté sur l'importance  de la présence chrétienne dans le monde arabe. Cette présence est, malheureusement menacée par les cycles de guerres, de crises et de calamités qui s'abattent sur cette région, berceau du christianisme...
Nous considérons que les crises, les guerres et les calamités du Proche-Orient sont des produits et des résultats du conflit israélo-palestinien. De même, les mouvements fondamentalistes, les discordes à l'intérieur des pays arabes, ainsi que la lenteur dans le développement et l'instauration de la prospérité, la naissance de la haine et de l'inimitié, la perte de l'espoir et la déception chez les jeunes (lesquels forment 60 pour cent de la population des pays arabes).
Parmi les suites les plus dangereuses de ce conflit, c'est l'émigration  des cerveaux, des penseurs, des jeunes, des musulmans modérés et surtout des chrétiens. Tout cela affaiblit le progrès et l'avenir de la liberté, de la démocratie et de l'ouverture du monde arabe.
L'émigration des chrétiens veut dire que la société arabe deviendra une société d'une seule couleur, une société uniquement musulmane, et ainsi le Proche-Orient deviendrait la région d'une société arabe et musulmane face à une société européenne dite chrétienne. Si cela arrivait, et que l'Orient soit vidé de ses chrétiens, cela voudrait dire que toute occasion serait propice pour un  nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien, un conflit de l'islam et du christianisme.
Devant ce que nous voyons tous les jours dans les media : la croissance du fondamentalisme, la tension dans les relations humaines, tensions ethniques, religieuses et sociales, nous sentons qu'il y a la un grand manque de confiance entre l'Orient et l'Occident, entre les pays arabes à majorité musulmane et l'Occident européen et américain.
Le rôle des chrétiens est de s'atteler à créer l'atmosphère de confiance entre l'Occident d'un coté et le monde arabe et musulman de l'autre.
Pour cela, nous, chrétiens orientaux et arabes, nous nous adressons au monde européen et américain en général en ces termes : Ne travaillez pas à la division du monde arabe au moyen de pactes, mais plutôt aidez-le à réaliser son unité et sa solidarité. Nous vous disons franchement : si vous réussissez à diviser le monde arabe, à diviser les chrétiens et les musulmans entre eux, vous vivrez dans la peur et la crainte du monde arabe et musulman.
Appel à nos frères et concitoyens musulmans
Dans notre effort de convaincre les fidèles chrétiens de rester dans leurs patries, nous pensons qu'il est absolument nécessaire de nous adresser à nos frères musulmans pour leur dire avec franchise quelles sont les peurs qui nous hantent et quelles sont les réactions de crainte, chez nous, qui nous poussent à émigrer. Ce ne sont pas des raisons religieuses, mais plutôt sociales, ethniques, culturelles et sociologiques.
Ce sont les problèmes suivants : la convivialité, la citoyenneté. Cela s'applique notamment quand nous parlons de la séparation de la religion et de l'état, de l'arabité, de la démocratie, de la nation arabe ou la nation musulmane, des droits de l'homme et des lois qui proposent l'islam comme seule ou principale source des législations, dont l'application est source de division et de discrimination raciale entre les citoyens sur la base de la religion, et sont un obstacle à l'égalité de ces mêmes citoyens devant la loi. De même les extorsions, les exploitations de concitoyens au nom de la religion et en s'appuyant sur le fait d'être une majorité pour humilier des voisins et des compagnons de travail.
De tels faits, et bien d'autres semblables, et devraient être l'objet, de cercles d'études, de congrès, de conférences, de réunions dans le monde arabe musulman. Il faut que les musulmans et les chrétiens, ensemble, identifient la vraie raison de l'hémorragie de l'émigration des chrétiens.
Nous proposons que les pères du Synode lancent un appel urgent prophétique pour la Paix. Faire la paix, c'est le grand défi !
La paix est aujourd'hui le vrai défi, le grand jihad et le grand bien.  C'est la vraie victoire et la vraie garantie pour l'avenir de la liberté, du progrès, de la prospérité et de la sécurité pour nos jeunes générations, pour nos jeunes, chrétiens et musulmans, qui sont l'avenir de nos Patries, qui peuvent vraiment faire l'histoire de ces Patries et y porter la bannière de la foi et des valeurs.

Gregorios III
Patriarche grec-melkite catholique
d'Antioche et de tout l'Orient
d'Alexandrie et de Jérusalem

 

 
http://www.chretiente.info/
Le conflit israélo-palestinien et le choc des cultures
Guillaume de Thieulloy , le 17 octobre 2010  

Lors de la quatrième congrégation du synode, Gregorios III Laham, patriarche melkite d’Antioche, a déclaré:
« Parmi les conséquences les plus dangereuses du conflit israélo-palestinien il y a l’émigration, qui fera de la société arabe une société moncolore, uniquement musulmane face à une société européenne dite chrétienne.

Si cela arrivait, et que l’Orient est vidé de ses chrétiens, cela voudrait dire que toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l’Orient arabe musulman et l’Occident chrétien. »


 
Liban
Communauté

Synode : porter la croix... avec dignité
Par Fady NOUN | lundi, octobre 18, 2010
Le synode sur les catholiques d'Orient entame aujourd'hui une seconde semaine de réflexion.


L'Assemblée spéciale du synode des évêques sur les Eglises catholiques au Moyen-Orient entame aujourd'hui sa seconde semaine de travaux, dans une indifférence presque générale des médias du monde arabe et occidentaux. Hormis des reportages quotidiens de la LBC et de Télé-Lumière, au Liban, seuls de rares journalistes libanais, un Palestinien et un Egyptien couvrent cet événement historique. Ce qui, une fois de plus, donne raison à ceux qui pensent que, pour déboucher sur du nouveau, un synode sur les catholiques d'Orient devrait conduire à la conclusion d'un « nouveau contrat social, politique et spirituel » entre chrétiens et musulmans.
Un constat lucide et apaisé de la situation a été donné, en cours de semaine, par le P. Boulos Tannouri, supérieur général des antonins. Ce dernier s'est contenté de constater, comme tout un chacun, que « la situation politique au Moyen-Orient n'est pas destinée à s'améliorer » et que « l'émigration reste donc le choix le plus simple pour fuir cette situation ».
Toutefois, a ajouté le P. Tannouri, « l'Eglise ne doit pas se limiter à une logique purement humaine ; au contraire, en s'inspirant de l'Evangile, elle doit indiquer le bon choix, même s'il est difficile, selon une parole de Jésus dans l'Evangile : "Entrez par la porte étroite". Il est donc du devoir de l'Eglise d'éduquer les fidèles, d'accepter la croix et de la porter avec dignité ».
C'est un son de cloche relativement semblable qu'a fait entendre Mme Anan Lewis, professeure de littérature anglaise à l'Université de Bagdad, laïque consacrée déléguée par l'Eglise latine dans ce pays : « Représentant le peuple laïc d'Irak, a-t-elle dit, je voudrais mettre l'accent sur le fait que mis à part la sécurité et la stabilité politique et sociale, rien ne peut donner des raisons aux chrétiens d'Irak de rester et d'être profondément enracinés dans leur pays et leur foi sans un sincère soin spirituel et pastoral des pères de l'Eglise (...). Ni les homélies du dimanche ni les classes de catéchisme du vendredi pour les enfants ne suffisent à encourager le peuple laïc à rester. Au lieu de donner des fonds pour rénover des chapelles ou acheter des maisons vides ou des hangars décorés, bâtissons des pierres vivantes et établissons de petits projets pour les jeunes filles et garçons afin qu'ils découvrent leurs astucieuses capacités professionnelles. »
Foi chrétienne véritable, courage chrétien et création d'emplois pourraient être le programme de Mme Lewis. Les chrétiens auraient accompli là leur partie du contrat.

« Ambassadeurs du Christ »
Pour le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, l'une des tâches du synode consiste à « fournir aux chrétiens du Moyen-Orient des orientations concrètes ».
« Ne soyons pas timides pour réclamer non seulement la liberté de culte, mais également la liberté religieuse, a-t-il dit. Investissons davantage dans nos écoles et universités fréquentées par les chrétiens et les musulmans. Elles sont des laboratoires indispensables du vivre-ensemble. Demandons-nous si nous faisons assez, au niveau des Eglises locales, pour inciter nos chrétiens à demeurer sur place : logement, frais de scolarité, de santé. »
Le devoir de vivre en chrétien, le pouvoir d'attraction de la sainteté étaient sur les lèvres de l'archimandrite Jean Faraj, supérieur général de l'ordre basilien (melkite), dont la maison mère, le couvent du Saint-Sauveur, dans le Chouf, abrite la dépouille du P. Béchara Abou Mrad, dont le procès en canonisation est en cours.
« L'amour du prochain, a-t-il dit, nous a ouvert beaucoup de portes fermées et nous a garanti la continuité pendant 300 ans. Six fois dans notre histoire, nous avons été pillés, saccagés, bombardés et déplacés de nos couvents, de nos paroisses et de notre région. Plus de 25 prêtres et religieux ont été martyrisés cruellement. Pardonner, croire et témoigner nous paraissent la seule voie pour continuer et durer. Nous sommes les ambassadeurs du Christ (...). Les gens, de toute nationalité et de toute religion, se sentent attirés par les saints. Ils viennent les prier et demander leur aide (...). L'exemple est la garantie de la réussite et de la continuité. »

Un « nouveau printemps »
Mgr Michel Aoun, vicaire épiscopal maronite de Beyrouth, pour sa part, a insisté sur la nécessité de donner une chance aux nouvelles communautés ecclésiales de faire leur œuvre d'évangélisation.
« Je crois fermement, a-t-il dit dans son intervention, que ce synode donnerait une réponse aux attentes de nos fidèles s'il proposait des itinéraires pastoraux forts pour adultes, qui puissent conduire nos chrétiens à une foi adulte (...). Le Saint-Père le pape Benoît XVI ne cesse d'encourager les charismes que l'Esprit-Saint suscite dans les nouvelles communautés ecclésiales où les fruits sont manifestes (...). Les évêques et les prêtres sont, avant tout, les garants de la communion, et au nom de cette communion, j'aimerais que ce synode les encourage à discerner les fruits que ces charismes apportent à l'Eglise et à les accueillir comme un nouveau printemps. »

Ouverture de l'horizon
Venu à titre d'invité, le cardinal Roger Etchegarray, président émérite du Conseil pontifical justice et paix, a fourni au synode l'un de ses « mots-clés ». Visiblement très ému, le cardinal Etchegarray a dit avoir contemplé l'icône de la Vierge Marie et avoir eu cette intuition que ces pasteurs rassemblés par le synode étaient comme les mages venus d'Orient dont parlent les Evangiles de l'enfance du Christ, des mages cherchant l'étoile du côté de l'Occident.
Mais, a souligné le cardinal, ils ont aussi appelé à regarder vers l'Orient et même vers l'Extrême-Orient. Le cardinal a ainsi ouvert l'horizon du synode vers cet Extrême-Orient chrétien, bien vivant et souffrant, à l'immense Chine, mais aussi au Pakistan, à la Corée du Nord, à la Birmanie et au Laos, au Vietnam, pour ne citer que les terres où les défis de la liberté religieuse sont les plus connus.



ZF10101706 - 17-10-2010
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L’urgence de la paix, appel du patriarche Gregorios III
Atteindre au plus vite une paix concrète


ROME, Dimanche 17 octobre 2010 (ZENIT.org) - Une revue de presse quotidienne signale les publications sur le synode sur le site internet du patriarcat grec-melkite à l'adresse : www.pgc-lb.org. Le patriarche Gregorios III, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem apparaît comme un des pasteurs clef au Moyen-Orient. Au synode, il a indiqué l'urgence de la paix. Non pas du « processus » de paix, mais de l'objectif de la paix concrète.
Un communiqué du patriarcat signale que la journée du 13 octobre 2010 a été marquée par la visite protocolaire que les 7 patriarches ou évêques majeurs, dont Sa Béatitude Gregorios III patriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem, ont rendue au président de la République italienne, M. Giorgio Napolitano. Dans son allocution il s'est plu a rappelé son voyage en Syrie et au Liban qui la marqué par le pluralisme confessionnelle de ses deux pays où les communautés religieuses chrétiennes et mahométanes vivent côte à côte.
C'était ensuite le tour de parole du métropolite de Tyr (Liban) et des archevêques de Lattaquié (Syrie) et de Sidon (Liban), Mgr Georges Bacouni, Mgr Nicolas Sawaf et Mgr Elie Haddad.
Mgr Bacouni a souligné le rôle crucial des mouvements charismatiques dans l'évangélisation des jeunes et leur formation voyant là un espoir de renouveau pour les Eglises orientales. Toute son intervention était placée sous le signe des disciples d'Emmaüs.
Mgr Sawaf a mis l'accent sur la formation dans un monde sécularisé en déclarant: «Nous vivons dans un monde sécularisé et globalisé, où le nombre des hommes qui n'ont aucun intérêt pour la question de Dieu ou qui agissent sans référence chrétienne est démesurée par rapport au nombre de ceux qui se reconnaissent chrétiens et croyants. Ceux auxquels s'adresse la catéchèse doivent s'établir dans une double relation: relation d'appartenance à une communauté fondée sur l'unité de foi et relation à une communauté fondée sur l'unité de l'acceptation du pluralisme et de la diversité...Nous manquons au Moyen-Orient d'une catéchèse qui tienne compte de notre culture arabe, de nos traditions chrétiennes et de nos richesses liturgiques »
L'intervention de Mgr Haddad a été un cri d'alarme au synode pour que toute l'attention soit portée sur les ventes des terrains par une population chrétienne dans le besoin et l'urgence. Il a appelé à « Créer une stratégie unifiée, voire une solidarité de toutes les Eglises au niveau National (APECL ou autres) ainsi qu'au niveau International [...] sous la vigilance du Saint Siège. ». Et il a ajouté qu'il serait souhaitable que les organismes d'aide aux Chrétiens d'Orient transforment leur assistance en « aide au développement » pour créer des emplois et maintenir les Chrétiens dans leur terre.


ZF10082202 - 22-08-2010
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« Nous sommes l’Eglise des martyrs », affirme S.B Gregorios III Laham
Patriarche d’Antioche des Grecs-Melkites


ROME, Dimanche 22 août (ZENIT.org) - Les Eglises particulières du Moyen-Orient « doivent affronter les mêmes obstacles que les premiers évangélisateurs, y compris le martyre ». C'est ce qu'a affirmé le patriarche d'Antioche des Grecs-Melkites, S.B Gregorios III Laham, dans une interview à L'Osservatore Romano.
« Il ne faut pas perdre de vue le fait que nous sommes l'Eglise des martyrs et de la résurrection », a-t-il ajouté. « Tous les apôtres ont été martyrs. Jésus nous le répète avec insistance : ‘n'ayez pas peur'. Nous devons donner à notre peuple courage et optimisme ».
Evoquant les défis les plus urgents à affronter au Moyen-Orient, il a cité « l'émigration, la continuité de la présence chrétienne, une coexistence pacifique avec l'islam ». « Nous devons chercher à affronter tout cela ensemble, chrétiens et musulmans, pour préserver et défendre les valeurs communes à tous les croyants », a-t-il expliqué. « Mais la chose la plus urgente est la solution du conflit israélo-palestinien qui est la cause principale des problèmes, des crises et des dangers qui menacent la présence chrétienne au Moyen-Orient ».
Dans cette interview, le patriarche s'est aussi exprimé sur le synode d'octobre prochain. Cette assemblée pourrait être « l'occasion d'un nouvel examen de conscience, d'un nouvel approfondissement de thèmes qui nous sont très familiers, et un instrument pour que nos fidèles prennent conscience de leur mission et de leur rôle dans le monde arabe à majorité musulmane, et pour les exhorter à ne pas émigrer ».
« Nous avons en effet besoin de renforcer considérablement la collaboration entre les catholiques et avec tous les chrétiens, surtout sur le plan de la pastorale des jeunes, de la famille et des vocations », a-t-il ajouté.
Concernant enfin la visite de Benoît XVI à Chypre, S.B Gregorios III Laham s'est réjoui « de voir que le pape était heureux, proche des fidèles, impressionné de leur enthousiasme et de la piété populaire maronite ».
« Cela a été une belle expérience pour moi, même si elle a été entachée par la tragédie de l'assassinat de Mgr Luigi Padovese ». En tant que représentant de la Conférence épiscopale turque dont il était le président, ce dernier aurait dû se trouver à Chypre pour la visite du pape. « Nous avons tous été touchés et bouleversés par cette tragédie ».
« L'assemblée spéciale du synode des évêques devra beaucoup œuvrer pour faire en sorte que certaines choses ne se répètent plus ». « C'est pourquoi je dis que les pasteurs doivent être des apôtres de l'optimisme », a conclu le haut prélat

 
iloubnan.info
Synode: "Non à un Moyen-Orient d'une seule couleur", dit Grégoire III
CITE DU VATICAN | iloubnan.info - Le 13 octobre 2010

La paix au Moyen-Orient, la convivialité , l'émigration des chrétiens et le risque d'avoir un Moyen-Orient uniquement musulman : Autant de questions qui sont au coeur du Synode des Evêques pour le Proche-Orient qui se déroule à Rome du 10 au 24 octobre 2010. Elles ont été largement commentées par le patriarche Grégoire III, chef de l'Eglise Grec Melkite Catholique d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem, dans son intervention durant l'Assemblée spéciale du Synode mercredi.
"La paix au Proche-Orient est la clef de tous les biens, dont cette région". C'est par cette phrase que le patriarche Grégoire III a entamé son discours, avant de souligner l'importance de la présence chrétienne dans le monde arabe, "présence malheureusement menacée par les cycles de guerres, de crises et de calamités engendrées par le conflit israélo-palestinien et qui s'abattent sur cette région, berceau du christianisme".

Le Prélat a estimé que "la paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le monde arabe sont liées d'une manière existentielle et ferme", avant d'expliquer que "les mouvements fondamentalistes, les discordes à l'intérieur des pays arabes, la lenteur dans le développement et l'instauration de la prospérité, la naissance de la haine et de l'inimitié décevaient les jeunes et anéantissaient leurs espoirs, ce qui mène à l'émigration des cerveaux, des penseurs, des jeunes, des musulmans modérés et surtout des chrétiens". Il a alors déploré l'émigration des chrétiens qui transformera le Proche-Orient en une "société d'une seule couleur, une société uniquement musulmane, face à une société européenne dite chrétienne". Il a indiqué que, vidé de ses chrétiens, "l'Orient serait un lieu propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien, un conflit de l'islam et du christianisme".

Le patriarche a estimé que "le rôle des chrétiens est de s'atteler à créer l'atmosphère de confiance entre l'Occident d'un côté et le monde arabe et musulman de l'autre", avant de lancer un appel des chrétiens orientaux au monde européen et américain, afin que ce dernier aide les arabes à réaliser leur unité et à être solidaires au lieu de miser sur leur division. Il s'est également adressé aux musulmans pour leur faire part des craintes qui hantent les chrétiens et qui les poussent à quitter leur terre, dont les lois proposant l'islam comme seule ou principale source des législations, ce qui est un obstacle à l'égalité des citoyens de religions différentes devant la loi.

Le patriarche a enfin proposé que "ces craintes soient l'objet d'études, de congrès, de conférences et de réunions dans le monde arabe musulman, afin que les musulmans et les chrétiens, ensemble, identifient la vraie raison de l'hémorragie de l'émigration des chrétiens", appelant "les pères du Synode à lancer un appel urgent prophétique pour la Paix qui est aujourd'hui le vrai défi, le grand jihad (…) la vraie garantie pour l'avenir de la liberté, du progrès, de la prospérité et de la sécurité pour les jeunes, chrétiens et musulmans, qui peuvent vraiment faire l'histoire de nos Patries et y porter la bannière de la foi et des valeurs".
 

 
ZF10101308 - 13-10-2010
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Les Eglises du Moyen-Orient invitées à s’ouvrir aux communautés nouvelles
ROME, Mercredi 13 octobre (ZENIT.org)

Dans un monde marqué par une « sécularisation envahissante », le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, a invité les Eglises orientales à s'ouvrir aux mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles.
Au cours des travaux du Synode pour le Moyen-Orient, le 12 octobre, il a souligné la nécessité de « former des identités chrétiennes fortes et convaincues, de réveiller l'audace d'une présence visible et incisive des fidèles laïcs dans la vie publique ».
En évoquant la naissance, après le Concile Vatican II, de nombreux mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés - « un vrai don de l'Esprit Saint ! » - il a jugé souhaitable que les « Eglises du Moyen-Orient s'ouvrent avec une confiance croissante à ces nouvelles réalités agrégatives ».
« Nous ne devons pas avoir peur de cette nouveauté en matière de méthode et de style de l'annonce qu'elles portent : il s'agit d'une "provocation" salutaire qui aide à sortir de la routine pastorale qui est toujours à l'affût et risque de compromettre notre mission », a-t-il estimé au cours de la 3e congrégation générale.
« L'avenir de l'Eglise dans cette région du monde dépend justement de notre capacité à être docilement à l'écoute de ce que l'Esprit dit à l'Eglise aujourd'hui, y compris à travers ces nouvelles réalités agrégatives ».
Des mouvements appelés à la mission
Evoquant ces mouvements ecclésiaux, Mgr Georges Bacouni, archevêque de Tyr des Grecs-Melkites (Liban), a quant à lui estimé qu'ils étaient non seulement « une nouvelle vitalité pour la prière et la vie évangélique », mais encore plus « une capacité d'inspiration pour de nombreux hommes et femmes, jeunes et vieux, à rester dans leurs pays comme des missionnaires et servir leurs Eglises locales avec zèle et obéissance ».
En invitant à encourager ces initiatives, il a souligné qu'il était « crucial - voire vital - pour les évêques et le clergé de réaliser que ces nouveaux mouvements ecclésiaux travaillent dans et pour l'Eglise, et que leur contribution n'est pas une menace, mais un enrichissement aux efforts de l'Eglise pour catéchiser les fidèles et préserver une présence chrétienne au Moyen-Orient ».
Mgr Joseph Jules Zerey, archevêque titulaire de Damiette des Grecs-Melkites (Jérusalem), a quant à lui souligné l'importance de « ré-évangéliser » les familles chrétiennes au Moyen-Orient. Il a salué un certain « renouveau » dans l'Eglise qui a permis la naissance de mouvements et communautés nouvelles « qui vivent une dynamique missionnaire ».
« J'ai rencontré ces dernières années dans nos pays arabes et dans d'autres pays, plusieurs familles qui vivent fortement leur foi chrétienne malgré les difficultés énormes de la vie quotidienne », a-t-il affirmé. Des familles qui ne seront missionnaires « que par un lien personnel, un amour profond pour le Christ fortifié par la prière quotidienne, ainsi que par le soutien de petites fraternités ou communautés paroissiales se retrouvant chaque semaine autour de la Parole de Dieu ».
Marine Soreau
 
 
 
ZF10101101 - 11-10-2010
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Le pape invite les Eglises orientales à conserver leur identité
Au terme du congrès pour les 20 ans du Code de droit canonique des Eglises orientales


ROME, Lundi 11 octobre (ZENIT.org) - Les Eglises orientales catholiques sont appelées « à conserver leur identité, qui est en même temps orientale et catholique » et à accomplir « la mission qui leur a été confiée avec une vigueur apostolique renouvelée ».
C'est ce qu'a affirmé Benoît XVI en recevant le 9 octobre dernier au Vatican les participants au Congrès d'étude organisé pour le 20e anniversaire de la promulgation du Code de droit canonique des Eglises orientales catholiques.
Le Code de droit canonique oriental promulgué en 1990 contient la discipline commune aux 23 Eglises sui iuris de l'Eglise catholique, intégrées dans les cinq grandes traditions orientales - alexandrine, antiochienne, arménienne, chaldéenne et byzantine - et établit la pleine égalité de toutes les Eglises d'Orient et d'Occident.
Ce 20e anniversaire, a affirmé Benoît XVI, est l'occasion de « voir dans quelle mesure le Code a effectivement eu force de loi pour toutes les Eglises orientales catholiques sui iuris et comment cela s'est traduit dans l'activité de la vie quotidienne ». Mais aussi « dans quelle mesure la puissance législative de chaque Eglise sui iuris a permis la promulgation d'un droit particulier, tenant compte des traditions de chaque rite, comme des dispositions de Vatican II ».
Le pape a souhaité que les canons de l'Eglise antique, qui inspirent l'actuelle codification orientale, aident « toutes les Eglises orientales à conserver leur identité, qui est en même temps orientale et catholique ».
« En maintenant la communion catholique, les Eglises orientales n'entendaient pas renier la fidélité à leur tradition, a précisé le pape. Comme cela a été plusieurs fois rappelé, la pleine union réalisée entre les Eglises orientales catholiques et l'Eglise de Rome ne doit pas comporter pour elles une diminution de la conscience de leur propre authenticité et originalité ».
« Par conséquent, le devoir de toutes les Eglises orientales catholiques est celui de conserver leur patrimoine disciplinaire commun et d'alimenter leurs propres traditions, une richesse pour toute l'Eglise ».
Ces mêmes canons sacrés des premiers siècles de l'Eglise, a poursuivi Benoît XVI, « constituent pour une large part le fondamental et même patrimoine de discipline canonique qui règle aussi les Eglises orthodoxes. Par conséquent, les Eglises orientales catholiques peuvent offrir une contribution particulière et importante au chemin œcuménique ».
Auparavant, dans le discours qu'il avait adressé au pape, Mgr Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, avait confirmé l'engagement de son dicastère à « aider les Eglises sui iuris », grâce au Code, « à être un pont envers les Eglises orthodoxes en vue de la pleine communion attendue impatiemment ». Mais aussi à affronter ensemble « les défis de notre époque contre les forces du néo-positivisme qui conduit, nous le savons, à un relativisme mortel de la pensée et de la vie ».
 
 

Le synode : Un événement historique, affirme le président italien
Des pères synodaux reçus au Quirinal

ROME, Jeudi 14 octobre (ZENIT.org) - Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, a reçu au Palais du Quirinal, le 13 octobre, une délégation de l'Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques.
Dans son allocution, le président italien a évoqué le synode comme un « événement de portée historique ».
« Le dialogue des religions, que l'Eglise poursuit avec beaucoup de conviction - le souverain pontife actuel s'en occupe personnellement - est vraiment un des chemins fondamentaux pour assurer la réconciliation entre les civilisations », a affirmé le président Napolitano. « C'est la meilleure ressource dont nous disposons pour nourrir notre espérance et pour poursuivre nos idéaux et nos objectifs ».
Votre engagement est « un engagement de renouvellement, de relance et de valorisation de la présence catholique et plus généralement des communautés chrétiennes au Moyen-Orient », a-t-il poursuivi. « Et c'est un engagement duquel - j'en suis convaincu - la cause du pluralisme religieux, la cause du dialogue, la cause de la paix dans cette région tourmentée peut retirer un grand bénéfice et une impulsion ».
Une rencontre très cordiale
Sur Radio Vatican, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales, a qualifié la rencontre de « très cordiale ». « Nous avons remercié chaleureusement l'Italie pour tout l'intérêt et la sollicitude avec laquelle elle suit les pays du Moyen-Orient ».
Le cardinal a aussi évoqué le rôle de l'Italie et de l'Union européenne pour la reconnaissance des droits humains fondamentaux. « Il s'agit d'une aide extraordinaire parce que la pression des pays occidentaux pour le respect de ces droits, pour l'égalité de la citoyenneté de tous ceux qui habitent au Moyen-Orient, a plus de force si elle est présentée par toute l'Europe ».
Parmi les prélats présents à cette rencontre figuraient le cardinal Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche d'Antioche des Maronites, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales et S.B Ignace Youssif III Younan, patriarche d'Antioche des Syriens.
Faisaient également partie de cette délégation, le rapporteur général S.B Antonios Naguib, patriarche d'Alexandrie des Coptes, S.B Gregorios III Laham, B.S, patriarche d'Antioche des Grecs-Melkites, archevêque de Damas des Grecs-Melkites, S.B. Nerses Bedros XIX Tarmouni, archevêque de Beyrouth des Arméniens et S.B. Fouad Twal, patriarche de Jérusalem des Latins.
Le secrétaire général, Mgr Nikola Eterovic, était également présent, ainsi que le sous-secrétaire, Mgr Fortunato Frezza et le Rév. Ambrogio Ivan Samus.

 

Marine Soreau
 

 
Eglise universelle - 13 octobre 2010
Quatrième congrégation générale du Synode pour le Moyen-Orient

La quatrième congrégation générale s'est tenue l'après-midi du mardi 12 octobre 2010. 161 Pères synodaux étaient présents. Extraits des interventions.
 
Cardinal John Patrick Foley, Grand maître de l'Ordre du Saint Sépulcr
"Au moment où beaucoup, y compris le Saint-Siège, suggèrent une solution à la crise israélo-palestinienne avec deux états, plus le temps passe plus il devient difficile de trouver une telle solution, car la construction des colonies israéliennes, le contrôle israélien des infrastructures à Jérusalem Est et dans d'autres parties de la Cisjordanie, rendent encore plus difficile le développement d'un Etat palestinien viable et intégral. Lors du pèlerinage historique du Saint-Père en Terre Sainte de l'an dernier, j'ai eu l'occasion d'avoir de brèves conversations au plus haut niveau avec des leaders politiques de Jordanie, d'Israël et de Palestine. Tous ont parlé de la grande contribution à l'entente réciproque accomplie par les écoles catholiques dans ces trois régions. Depuis que les écoles catholiques sont ouvertes à tous, et non seulement aux catholiques et aux autres chrétiens, beaucoup de musulmans et même certains enfants juifs y sont scolarisés. Les effets sont visibles et sont une source d'inspiration. Le respect réciproque est engendré, et cela, nous l'espérons, mènera à la réconciliation, voire à l'amour réciproque".


S.B. Gregorios III Laham, bs, Patriarche melkite d'Antioche et Archevêque de Damas (Syrie)
"La présence chrétienne dans le monde arabe est menacée par les cycles de guerres qui s'abattent sur cette région berceau du christianisme. La cause principale est le conflit israélo palestinien. Les mouvements fondamentalistes, le mouvement Hamas, le Hezbollah sont les conséquences de ce conflit, avec les discordes internes, la lenteur dans le développement, la naissance de la haine, la perte d'espoir chez les jeunes qui sont 60 % de la population des pays arabes. Parmi les conséquences les plus dangereuses du conflit israélo-palestinien il y a l'émigration, qui fera de la société arabe une société moncolore, uniquement musulmane face à une société européenne dite chrétienne. Si cela arrivait, et que l'Orient est vidé de ses chrétiens, cela voudrait dire que toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien".
 
Mgr Basile Georges Casmoussa, archevêque syrien de Mossoul (Irak)
"Au Moyen Orient, nous sommes des minorités infimes, déjà considéra¬blement ravagées.... Les Chrétiens perdent de plus en plus confiance dans leurs propres pays historiques. Les vagues de terrorisme, inspiré par des idéologies religieuses, qu'elles soient islamiques ou totalitaires, nient le principe même de la parité, au profit d'un négationnisme fondamental qui écrase les minorités, dont les chrétiens sont maillon le plus vulnérable. Il y a aussi une baisse alarmante des naissances
chez les chrétiens, face à une natalité toujours prospère chez les musulmans...mais aussi l'accusation injuste portée contre les chrétiens d'être des troupes louées ou menées par et pour l'Occident soi disant chrétien, et ainsi considérés comme un corps parasite à la nation... Ce qui se passe en Iraq aujourd'hui, nous fait penser à ce qui s'est passé en Turquie durant la Première Guerre Mondiale. C'est alarmant!"

S.B. Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem
"L'Eglise Mère de Jérusalem... est pour l'Eglise universelle la gardienne des lieux saints des patriarches, des prophètes, de Jésus-Christ, de Marie et des apôtres... Aimer la Terre Sainte est aussi la servir. Ne laissez pas votre Eglise Mère seule et isolée. Aidez-la par vos prières, votre amour et votre solidarité, évitant qu'elle ne devienne un grand musée à ciel ouvert. Se taire par peur devant la situation dramatique que vous connaissez serait un péché d'omission. Par ailleurs, nous sommes très reconnaissants au Saint-Siège, aux évêques, aux prêtres et à tous les amis de Terre Sainte pour ce qu'ils font généreusement pour nous soutenir spirituellement et matériellement... La Communauté chrétienne de Terre Sainte (à peine 2% de la population) souffre de violence et d'instabilité. C'est une Eglise du Calvaire, qui a la grande responsabilité de perpétuer le message de paix et de réconciliation. Malgré des difficultés qui semblent insurmontables, nous croyons en Dieu, maître de l'histoire".
 

Mgr Dimitros Salachas, exarque apostolique pour les catholiques de rite byzantin en Grèce
"Le code oriental énonce un principe général, selon lequel les fidèles des Eglises orientales, bien que confiés au soin pastoral d'un évêque ou d'un curé d'une autre Eglise sui iuris, y compris également l'Eglise latine, restent toutefois toujours inscrits dans leur propre Eglise, et sont tenus à observer partout dans le monde leur propre rite, compris comme un patrimoine liturgique, spirituel et disciplinaire propre.... Le législateur suprême a équipé l'Eglise catholique de deux normes canoniques, à savoir de deux codes - un pour l'Eglise latine et un pour les Eglises orientales... C'est pourquoi l'émigration crée de nouvelles urgentes nécessités pastorales qui requièrent toutefois une connaissance, même sommaire, de ces normes, à savoir que les évêques orientaux connaissent la législation latine et que les évêques latins connaissent la législation orientale. Le Concile Vatican II enseigne que, l'unité de la foi ainsi que l'unique constitution divine de l'Eglise universelle demeurant, les Eglises d'Orient et les Eglises d'Occident ont le droit et le devoir de s'organiser selon leurs propres disciplines, mieux adaptées aux biens des âmes de leurs propres fidèles".
 

P. José Rodriguez Carballo, ofm, ministre général de l'Ordre des frères mineurs
"Face au triste spectacle de tant de conflits en Terre Sainte et contre l'idée si répandue que les religions sont à la base de ces derniers, nous chrétiens sommes appelés à montrer au monde que les religions, vécues de manière authentique, sont au service de la compréhension entre les différents, au service de la paix et qu'elles forgent des coeurs réconciliés et réconciliateurs. La réconciliation dans la région du Moyen-Orient passe par la rencontre des religions et, pour nous chrétiens, par le dialogue entre les différentes confessions chrétiennes... Dans le cadre de la nouvelle évangélisation, je fais quatre propositions:
-Elaboration d'un catéchisme unique pour l'ensemble des catholiques du Moyen-Orient;
-Des initiatives concrètes en vue d'une formation adaptée aux besoins de la nouvelle évangélisation et de la situation particulière du Moyen-Orient, de l'ensemble des agents pastoraux: prêtres, religieux et laïcs.
-En continuité avec l'Année paulinienne, que soit célébrée une année dédiée à saint Jean dans toutes les Eglises du Moyen-Orient et, si possible, avec les frères non catholiques.
-Renforcement des études bibliques, en particulier à travers trois Instituts bibliques déjà présents à Jérusalem: la Faculté de Sciences bibliques et archéologiques des Franciscains, l'Ecole biblique des Dominicains et l'Institut biblique des Jésuites.
En outre, je souhaite que, face à la constante diminution du nombre des chrétiens en Terre Sainte, provienne de ce synode une parole de réconfort destinée aux communautés chrétiennes et en particulier catholiques qui vivent en ces terres. Puisse le synode être une occasion propice pour renforcer avec force le dialogue oecuménique et inter-religieux".

 
- S. Exc. Mgr Elie Béchara HADDAD, B.S., Archevêque de Sidon des Grecs-Melkites (LIBAN)

La vente de terrains des chrétiens au Liban devient un phénomène dangereux. Il risque de menacer la présence chrétienne jusqu’à l’anéantir à un minimum dans les quelques années qui viennent. Pour remédier à ce phénomène nous proposons:
- De créer une stratégie de solidarité entre les Eglises sous le patronage du Saint-Siège.
- Modifier le discours de l’Eglise envers l’Islam afin de distinguer nettement entre Islam et fondamentalisme. Ceci facilite notre dialogue avec les musulmans en vue de nous aider à persévérer dans notre terre.
- Passer du concept d’aide aux chrétiens d’Orient au concept de développement pour les enraciner dans leur terre et leur trouver des emplois.
Notre expérience dans le diocèse de Saïda est prépondérante à ce niveau.
 
 
- S. Exc. Mgr Nicolas SAWAF, Archevêque de Lattaquié des Grecs-Melkites (SYRIE)

“Les Chrétiens ne se distinguent des autre hommes, ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne servent pas de quelques dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier... Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde”(Lettre à Diognète).
Nous vivons dans un monde sécularisé et globalisé, où le nombre des hommes qui n’ont aucun intérêt pour la question de Dieu ou qui agissent sans référence chrétienne est démesurée par rapport au nombre de ceux qui se reconnaissent chrétiens et croyants.
Ceux auxquels s’adresse la catéchèse doivent s’établir dans une double relation: relation d’appartenance à une communauté fondée sur l’unité de foi et relation à une communauté fondée sur l’unité de l’acceptation du pluralisme et de la diversité.
La foi chrétienne se dit toujours dans le champ des cultures humaines.
Nous manquons au Moyen-Orient d’une catéchèse qui tienne compte de notre culture arabe, de nos traditions chrétiennes et de nos richesses liturgiques.
Nous manquons d’un programme catéchistique pour les catéchumènes.
Nous demandons un effort dans la formation spirituelle des séminaristes.
 
 
 
Les chrétiens cherchent leur place en terre d'islam
LE FIGARO
Par Jean-Marie Guénois
15/10/2010 | Mise à jour : 21:35 Réactions


Benoît XVI reçoit un patriarche et des évêques venus pour le synode sur le Proche-Orient, mercredi au Vatican. Crédits photo : Gregorio Borgia/AP
Entre résistance et dialogue, la question du radicalisme musulman est posée à Rome.
 
Pas même un Notre Père commun, sinon en latin! Un comble pour les neuf Eglises catholiques, latines et orientales, dont l'avenir est en débat dans le cadre du synode sur le Proche-Orient en cours au Vatican. Rédiger, en l'an 2010, une traduction, commune et en arabe, de la prière du Notre Père en sera sans doute l'une des propositions phares, mais il y en aura beaucoup d'autres qui sortiront, samedi prochain, de cette réunion sans précédent voulue par Benoît XVI pour sauver les chrétiens de Terre sainte.
Ce matin s'achève d'ailleurs une première phase où les «pères synodaux» -ils sont 250 avec les experts- auront quasiment tous pris la parole (cinq minutes et pas une seconde de plus, le micro est coupé!) pour faire part de leurs préoccupations. A partir de lundi, ils entreront en «cercles linguistiques» pour aboutir, avant la clôture, dimanche 24 octobre, à un «message» final et surtout à des «propositions» concrètes, votées en assemblée et remises au Pape.
Benoît XVI assiste à la première séance du matin, jusqu'à 11 heures. Puis, avec beaucoup d'assiduité, à la dernière séance de l'après-midi, à 18 heures, celle des «interventions libres». C'est d'ailleurs lui qui l'a imposée dans le règlement des synodes, pour favoriser le débat et pour que chacun puisse s'exprimer librement, avec un engagement de confidentialité. Les propos sont versés dans les «Actes du synode», mais jamais le nom des orateurs ne sera mentionné.
Et c'est peut-être là que se joue le «vrai» synode, car la vivacité des réactions lors de ces séances donne la température de l'assemblée. Ses enthousiasmes et ses peurs aussi… C'est en effet une forme de «peur» qui se confirme comme première tendance, à la mi-parcours de cette assemblée, même si certains préfèrent parler de «prudence». La peur de s'exprimer sur la confrontation avec l'islam radical et politique. Même dans l'enceinte du Vatican, ce qui en dit long… Certes, les représentants des Eglises du Maghreb insistent sur le maintien du dialogue avec l'islam, ceux de pays accablés comme l'Irak redoublent de précautions, mais ceux des pays où les chrétiens ne sont pas persécutés pressent pour s'opposer plus nettement -au côté de l'islam modéré- aux extrémistes musulmans. Pour l'ancien numéro deux de Jean-Paul II, le cardinal Angelo Sodano, «il est urgent d'œuvrer pour que les courants agressifs de l'islam prennent fin».
Divisions catholiques 
Autre tendance nette, la nécessité de mettre un terme au «confessionnalisme». En clair, à la division profonde des catholiques. Pas moins de neuf Eglises catholiques, latines et orientales coexistent en Terre sainte et… au synode romain. Sept «Patriarches» y sont présents. «Il faut reconnaître que le Pape est le seul à pouvoir tous nous réunir ainsi», reconnaît un membre du synode. Mais sans cette unité, pensent beaucoup, «comment être crédible» face à l'islam? Sans oublier les huit Eglises orthodoxes de Terre sainte!
Deux curiosités sont aussi apparues. La première est politique. Le conflit israélo-palestinien n'est pas le sujet qui revient le plus. Il est «tellement connu comme une des clés des problèmes actuels, explique un expert, qu'il n'est pas nécessaire d'insister.» Sans rien éluder pour autant. Le rapporteur général du synode, Mgr Antonios Naguib, patriarche copte d'Alexandrie, a affirmé, en début de session que «dans les Territoires palestiniens, la vie est très difficile et parfois insoutenable». Quant au rabbin David Rosen, invité, mercredi, à s'exprimer devant le synode, il a reconnu «la responsabilité» des Israéliens envers leurs «voisins qui souffrent».
La seconde curiosité touche la réalité chiffrée des chrétiens de Terre sainte. Leur nombre a été divisé par trois en un siècle. Ils représentent aujourd'hui 20 millions de personnes (dont 5,7 millions de catholiques) sur un bassin de 356 millions d'habitants. Soit 5,6% de la population (1,6% de catholiques). Ce qui est moins connu est qu'environ 40 % de ces catholiques sont des travailleurs immigrés, philippins ou indiens en majorité, employés dans les pays du Golfe… Ils ont aussi leurs problèmes spécifiques.
Il reste une semaine pour démêler l'écheveau de ce Moyen-Orient réellement compliqué. Pour l'Eglise, l'enjeu est clair. Remarquablement exprimé par l'un des deux intervenants musulmans, il a été ainsi défini par Grégoire III Laham, patriarche d'Antioche des Grecs melkites: «Si l'Orient était vidé de ses chrétiens (…) toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien.»
 
 
 
ZF10101303 - 13-10-2010
Permalink: http://www.zenit.org/article-25694?l=french

La liberté de parole au synode, des nuances
La parole de la curie romaine est sans détours


ROME, Mercredi 13 octobre 2010 (ZENIT.org) - La liberté de parole au synode pour le Moyen-Orient est une question sérieuse. En effet, les interventions - toutes de 5 minutes - peuvent être caractérisées par trois tons différents, indique une source autorisée présente aux débats. Cela vaut la peine de citer, même un peu longuement, les exemples de franc-parler.
Certains évêques ou patriarches n'hésitent pas à être « véhéments » lorsqu'il s'agit de la situation des chrétiens arabes de Palestine ou bien de la situation en Irak. « Si vous ne croyez pas à l'enfer, venez en Irak » a déclaré Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkouk des Chaldéens, connu pour son contact très libre avec la presse internationale. Mgr Warduni a également une parole très libre, pour ce qui est des difficultés intérieures ou extérieures de l'Eglise catholique.
S.B. Gregorios III Laham, B.S., patriarche d'Antioche des Grecs-Melkites, archevêque de Damas des Grecs-Melkites a fait observer que « la présence chrétienne dans le monde arabe est menacée par les cycles de guerres qui s'abattent sur cette région berceau du christianisme ».
Pour lui, la « cause principale » est le conflit israélo-palestinien : « les mouvements fondamentalistes, le mouvement Hamas, le Hezbollah sont les conséquences de ce conflit comme les discordes internes, la lenteur dans le développement, la naissance de la haine, la perte de l'espoir chez les jeunes qui sont 60 % de la population des pays arabes ».
L'émigration des chrétiens est pour lui une des conséquences « les plus dangereuses du conflit israélo-palestinien » car « l'émigration fera de la société arabe une société d'une seule couleur, uniquement musulmane face à une société européenne dite chrétienne ». Un Orient « vidé de ses chrétiens » serait une « occasion propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien ».
L'arabité, lieu de dialogue
« Le rôle des chrétiens est, affirme-t-il, de créer l'atmosphère de confiance entre l'Occident et le monde musulman pour travailler à un nouveau Proche-Orient sans guerre ».
Il en appelle à un dialogue très spécifique avec les musulmans « pour leur dire avec franchise quelles sont nos peurs, la séparation de la religion et de l'Etat, l'arabité, la démocratie, nation arabe ou nation musulmane, droits de l'homme et lois qui proposent l'islam comme seule ou principale source des législations qui sont un obstacle à l'égalité de ces mêmes citoyens devant la loi ».
Il évoque les « partis fondamentalistes, l'intégrisme islamique, auxquels sont attribués des actes, de terrorisme, de meurtre, des incendies d'églises, des extorsions, au nom de la religion et qui, forts du fait majoritaire, humilient leurs voisins ».
Pour conclure que « le grand défi » c'est la paix, le « grand bien », la «  vraie victoire » et la « vraie garantie pour l'avenir de la liberté, de la prospérité et de la sécurité pour nos jeunes, chrétiens et musulmans, qui sont l'avenir de nos Patries. »
Des timidités raisonnées
D'autres interventions sont sotto tono, essayant de ne pas aggraver par une parole la situation des fidèles qui sont confiés à leurs soins pastoraux. Un journaliste libanais n'a pas hésité à dire que certains pasteurs craignent que dans la salle même se trouvent des personnes mandatées pour répéter leurs prises de position.
Même s'il reconnaît que la convocation du synode à Rome, au Vatican, permet une liberté impensable si les débats avaient eu lieu au Moyen-Orient. Comme le patriarche copte Naguib l'a souligné lors de la conférence de presse de lundi dernier, après son rapport qui sert de fond aux débats du synode, les catholiques en Egypte sont une minorité dans la minorité chrétienne. C'est le cas de la plupart des catholiques du Moyen-Orient.
Différentes interventions ont souligné que la liberté de conscience et donc la liberté de parole est une notion difficile en milieu musulman, tout comme la notion de laïcité : on craint que cela signifie l'exclusion de Dieu du paysage social et politique. Pour la même raison, le terme « laïcité positive » est rejeté par la plupart. Il vaut mieux, estiment les pères du synode employer le terme d'« Etat civique » qui est employé sans problème, et signifie la séparation de l'Etat et de la religion, sans pour cela « exclure » aucune religion du dialogue avec les autorités.
D'autres interventions, posées, n'en sont pas moins très libres, et certainement les plus libres, et ce sont celles de représentants de la curie romaine, qui parlent sans complexe, sans langue de bois, au nom du bien des catholiques représentés au synode, mais aussi de toutes ces populations qui souffrent ou de la violence, ou de situations économiques difficiles.
Le franc parler de Benoît XVI
Cette solidarité ne peut pas passer inaperçue. C'est d'abord celle de Benoît XVI qui n'a pas hésité à poser un diagnostic spirituel sur les idolâtries destructrices, lors de sa méditation, lundi matin, 11 octobre, à l'ouverture des travaux. Il a aussi annoncé leur « chute », la révélation que ces idoles, ces « grandes puissances de l'histoire d'aujourd'hui » ne sont pas Dieu mais des faux dieux. 
Le pape discerne l'idolâtrie des « capitaux anonymes qui réduisent l'homme en esclavage (...), qui constituent un pouvoir anonyme que les hommes servent, par lequel les hommes sont tourmentés et même massacrés ». Il y voit un « pouvoir destructeur, qui menace le monde ».
L'idolâtrie du « pouvoir des idéologies terroristes » : « La violence est apparemment pratiquée au nom de Dieu, mais ce n'est pas Dieu : ce sont de fausses divinités qui doivent être démasquées, qui ne sont pas Dieu ».
Le pape cite deux autres puissances destructrices : « La drogue, ce pouvoir qui, telle une bête vorace, étend ses mains sur toutes les parties de la terre et détruit: c'est une divinité mais une fausse divinité qui doit tomber » ou bien aussi la confusion des valeurs qui se manifeste dans « la manière de vivre répandue par l'opinion publique: aujourd'hui, on fait comme ça, le mariage ne compte plus, la chasteté n'est plus une vertu, et ainsi de suite ».
La parole, libre, de la curie
Mardi matin, le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux, a déclaré : « Nous devrions travailler tous ensemble pour préparer une aube nouvelle pour le Moyen-Orient, en se servant des talents que Dieu nous a donnés. Il est, bien sûr, urgent de favoriser la solution du tragique conflit israélo-palestinien. Il est, bien sûr, urgent d'œuvrer pour que prennent fin les courants agressifs de l'islam ».
Il insiste sur le point névralgique : « Nous devrions, bien sûr, toujours demander le respect de la liberté religieuse de tous les croyants ».
Il n'hésite pas à parler du « drame » qui se joue et redit la solidarité de l'Eglise : « C'est une mission difficile celle que vous, vénérés Pasteurs de l'Eglise au Moyen-Orient, devez accomplir dans un moment historique aussi dramatique. Sachez, cependant, que vous n'êtes pas seuls dans votre sollicitude quotidienne pour préparer un avenir meilleur à vos communautés ».
Mais à côté des timidités ou des audaces pour parler des menaces pour les catholiques du Moyen-Orient, il y a aussi des prises de position courageuses pour ce qui est de l'état de l'Eglise catholique même, avec une réelle auto-critique de l'Eglise.
L'audace ad intra et ad extra
Certains, comme l'évêque irakien Slemon Warduni, évêque de curie de Babylone des Chaldéens, regrettent qu'une telle rencontre des catholiques des sept rites ait tardé. Il est temps d'agir  : « Nous devons poser des bases solides et réparer les fondements minés ou affaiblis si nous voulons témoigner de Jésus Christ et vivre les préceptes divins qu'il nous a donnés, afin qu'ils animent notre comportement et que la communion entre nous se réalise ».
Il cite les obstacles à la communion : « Nul ne peut affaiblir cette communion : ni les intérêts propres, ni le confessionnalisme, ni l'égoïsme ; nous devons au contraire la vivre pleinement, autrement nos divergences nous détruirons ; nous devons faire appel à l'amour mutuel et le vivre, car il nous conduira à l'unité qui nous donnera la force ».
Il préconise cinq remèdes, pour la réforme ad intra et pour le témoignage et la place des catholiques dans la société.
Cinq remèdes
L'amour étant « au-dessus de tout », il faut, demande Mgr Warduni, (1) « créer un comité du Moyen-Orient avec toutes les Eglises liées au Conseil des Patriarches qui serait chargé du dialogue entre les Eglises catholiques et de leur rapprochement réel, afin d'abattre les barrières, de nouer des relations étroites, d'encourager la réciprocité dans les services et d'examiner les points faibles des Eglises sœurs ».
Pour que les catholiques et les autres chrétiens, mais aussi les autres confessions religieuses (2), deviennent « un seul cœur », c'est le thème du synode, il faut « créer un comité pour l'oecuménisme et les relations avec les Eglises orthodoxes soeurs et avec les communautés protestantes, ainsi qu'un comité pour le dialogue entre les religions au Moyen-Orient, qui organiserait des réunions constructives entre les trois grandes religions et avec d'autres religions ».
Il demande aussi un « comité fort visant à défendre les opprimés et ceux dont les droits ont été piétinés », et de « s'ériger avec courage et audace contre les groupes politiques fanatiques et partisans ».
Il invite (3) à encourager l'engagement politique des laïcs chrétiens « parce qu'ils sont des citoyens autochtones qui ont leurs droits et leurs devoirs et qui doivent prendre la responsabilité de faire fonctionner l'Etat en conformité avec les principes des droits de l'homme ».
La liberté à défendre
Spécialement, pour « sensibiliser les personnes à défendre la liberté de religion, la liberté de conscience et la liberté d'expression, nous évoquons ici en particulier la question des mineurs qui peut créer des problèmes dans les familles chrétiennes car il n'y a pas de liberté dans ce domaine ».
L'engagement pour la paix (4) : «  Nous devons rechercher la paix et la stabilité dans nos pays et crier d'une seule voix : non à la guerre, oui à la paix ; non aux armes de destruction, oui au désarmement; non au terrorisme, oui à la fraternité universelle; non aux divisions, aux conflits et au fanatisme, oui à l'unité, à la tolérance et au dialogue ».
Répondre au désenchantement
« Et nous devons bien nous concentrer sur le fait que les chrétiens du Moyen-Orient sont de vrais citoyens et qu'ils ont, en vertu des statuts internationaux, deux privilèges : primo, le droit à la citoyenneté, secundo, le droit de continuer à assurer leur présence et de ne pas être exclus de la construction des pays du Moyen-Orient », ajoute l'évêque irakien.
Enfin, ad intra également, face au poids de la hiérarchie et du clergé, il invite à « être à l'écoute des laïcs, à leur attribuer leur vrai rôle dans l'Eglise et à créer un comité pour les familles et pour les jeunes ».
D'Irak encore, la voix de Mgr Sleiman, carme, qui suggère la tenue, - par exemple tous les cinq ans -, d'une assemblée de l'épiscopat catholique au Moyen-Orient.
Il souligne la nécessité de renforcer la communion : « La communion revient une trentaine de fois dans le Document de travail. C'est qu'elle est le coeur de notre identité ecclésiale, la dynamique de l'unité et de la multiplicité de nos •glises. D'elle dépendent notre présent et notre avenir, notre témoignage et notre engagement, nos efforts pour endiguer l'émigration qui nous affaiblit et pour exorciser le désenchantement qui nous érode ».
Enfin, une présence pour le moins difficile, dont témoigne le Rév. P. David Neuhaus, S.J., vicaire du patriarche de Jérusalem des Latins pour la pastorale des catholiques de langue hébraïque.
Le défi du vicariat de langue hébraïque
Il fait en effet remarquer que « l'hébreu est également la langue de l'Eglise catholique au Moyen-Orient » : « Des centaines de catholiques israéliens expriment tous les aspects de leur vie en hébreu, inculturant leur foi au sein d'une société qui est définie par la tradition hébraïque ».
Il évoque le phénomène migratoire vers Israël : « Aujourd'hui, il y a aussi des milliers d'enfants, de foi catholique, appartenant à des familles de travailleurs étrangers, de réfugiés, et des arabes qui fréquentent des écoles de langue hébraïque et qui ont besoin de recevoir le catéchisme en hébreu. Aujourd'hui, le vicariat de langue hébraïque doit affronter un profond défi ».
Pour le vicaire patriarcal, le vicariat catholique de langue hébraïque cherche des moyens de « servir de pont entre l'Eglise, parlant surtout l'arabe, et la société israélienne hébraïque, afin de promouvoir aussi bien l'enseignement du respect pour les peuples de l'Ancienne Alliance qu'une sensibilité au cri de justice et de paix pour les Juifs et les Palestiniens ».
« Ensemble, les catholiques parlant l'arabe et ceux parlant l'hébreu doivent témoigner et travailler en communion pour l'Eglise dans la terre où elle a vu le jour », insiste le P. Neuhaus.
Anita S. Bourdin
 
 
 
Synode pour le Moyen-Orient
De la "laïcité positive" en Orient

LA VIE Benjamin Legendre - publié le 12/10/2010

Deuxième épisode de notre rendez-vous quotidien avec le directeur de l'Œuvre d'Orient, Pascal Gollnisch*, pour commenter les travaux du synode qui se tient à Rome jusqu'au 24 octobre...


Mardi, deuxième jour du synode, quel était le programme ?C'était donc la seconde journée de travail en formation plénière, c'est à dire en présence du pape et de tous les évêques, chacun s'exprimant à tour de rôle quelques minutes (à huis-clos, ndlr). A partir de demain mercredi, ce seront de petits cercles de travail, réunissant des gens d'Eglises et de pays différents, où les échanges peuvent être plus simples et plus spontanés.
Quels thèmes ont prédominé dans ces interventions ? Beaucoup des interventions ont touché deux points importants de la vie des chrétiens au Moyen-Orient: la liberté de conscience et le prosélytisme. Sur le premier point, plusieurs ont évoqué l'idée de "laïcité positive", citée dans le document préparatoire du synode. Mais le mot fait peur à certains, qui préfèrent réfléchir sur les concepts de "citoyenneté" et d'"Etat civique". Pour nous français, le terme de "laïcité positive" est familier, il exprime l'idée du respect de la République pour tous les cultes, sans athéisme d'Etat déguisé. Mais pour certains ici, ce mot de "laïcité" laisse entendre un neutralisme sans religion des différents organes sociaux. S'il se réduit à un athéisme qui va tolérer les religions, ce n'est pas suffisant. Enfin beaucoup ont abordé la question du prosélytisme, qui touche à la fois des questions inter-religieuses avec l'islam, oecuménique avec les orthodoxes, mais aussi entre Eglises orientales catholiques elles-mêmes (cf l'épisode de lundi: l'unité, source du témoignage)
Le chef de l'Eglise copte-catholique a évoqué "la vie très difficile et parfois insoutenable" dans les Territoires palestiniens"...Evidemment, l'ensemble des évêques présents se sentent solidaires du monde arabe, et donc de la situation des Palestiniens. Même s'ils ne prônent pas la violence et reconnaissent en général le droit pour l'Etat d'Israël d'exister, ce sont des gens qui épousent la cause arabe car ils en font partie.
Les travaux débutent le matin par un temps de prière, célébré chaque jour selon un rite oriental différent. Qu'est-ce que cela change ? Ce temps de prière et d'unité qu'ils vivent est très fort et palpable. Je voyais par exemple ce midi dans la salle à manger un évêque qui venait du Liban à côté d'un autre d'Irak, un troisième de Syrie, puis un d'Erythrée et d'Egypte. Il faut se rendre compte du caractère extraordinaire de ces rencontres: ces hommes viennent de pays différents, qui sont bien souvent en tension les uns par rapport aux autres. Et là, ils travaillent ensemble, se parlent, travaillent et communient dans la prière.
 
 
 
RADIO VATICAN
La communion entre les Eglises du Moyen-Orient : un défi
Le Synode pour le Proche-Orient regroupe une quinzaine de pays, qui comprend de nombreux rites traditionnels. Ces Chrétiens, vivant souvent dans des conditions difficiles, sont souvent tentés de s'identifier à leur rite et d'en faire une définition ethnique. Monseigneur Jean-Benjamin Sleimane, archevêque de Bagdad, revient sur la question de la communion entre les différentes Eglises du Moyen-Orient.
 
 
 
 
France 24
Dernière modification : 13/10/2010 

- Benoît XVI - Chrétiens - Eglise catholique - Religion - Vatican
Le Vatican se penche sur le sort des chrétiens d’Orient


A l'appel de Benoit XVI, les évêques originaires du Moyen-Orient se réunissent en synode, à Rome, du 10 au 24 octobre pour débattre de la situation inquiétante des chrétiens d'Orient.
"Vivre de manière digne dans son propre pays est, avant tout, un droit de l'homme fondamental" a rappelé le pape Benoît XVI au moment d’ouvrir dimanche, à Rome, un synode des évêques du Moyen-Orient. Réuni au Vatican du 10 au 24 octobre, le synode intitulé "L'Eglise catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage", rassemble 185 "pères synodaux" - 140 de rite oriental et 45 de rite latin. Chaldéens, maronites, coptes, syriaques ou encore grecs-catholiques… pendant deux semaines il sera question de l’avenir et du sort actuel des chrétiens d’Orient. Minoritaires dans une région tourmentée notamment par de nombreux conflits, et par l’intolérance de l’islamisme fondamental, ils sont dans l’impossibilité de pratiquer leur religion en toute sécurité dans certains pays.
Malaise et exil
"Les chrétiens ressentent le malaise d'être considérés comme des non-citoyens dans des pays qu'ils considèrent depuis toujours comme leurs maisons, avant même la naissance de l'islam", a regretté le patriarche d'Alexandrie des coptes d'Egypte, Antonios Naguib, lundi, dans le cadre du synode. Selon le document préparatoire des débats, les chrétiens ont été au nombre des "principales victimes" de la guerre en Irak, au Liban ils "sont divisés au plan politique et confessionnel" et ils rencontrent "de sérieuses difficultés" en Egypte. En Turquie, "le concept actuel de laïcité pose encore des problèmes à la pleine liberté religieuse du pays". En plus de l'hostilité à leur religion qui les pousse à l’exil, ces populations, elles-mêmes parfois divisées, rencontrent aussi des difficultés d’ordre économique dans des pays où leur présence remonte aux premiers temps de la chrétienté. La communauté ne compte plus que 20 millions de chrétiens, dont 5 millions de catholiques, sur 356 millions d’habitants.
Cri de douleur
 Géographie oblige, l’arabe sera pour la première fois une langue officielle d'un synode. Deux dignitaires musulmans, dont l'ayatollah chiite iranien Seyed Mostafa Mohaghegh Ahmadabadi, professeur de droit à l'université de Téhéran, et un dignitaire du judaïsme, le rabbin David Rosen, directeur des affaires inter-religieuses du Comité juif international, ont été invités par le pape à prendre la parole durant les travaux. Le but du synode est "principalement pastoral", selon le pape, mais son organisation, outre le fait de mettre en lumière les difficultés des fidèles de la région, est déjà un accomplissement souligné par plusieurs dignitaires locaux.
 "Il ne faut pas que ce synode se résume à un cri de douleur sur la situation au Moyen-Orient. Il faut qu’il établisse de nouvelles règles pour les relations islamo-chrétiennes, basées sur le respect mutuel et le droit afin de résoudre la crise de la présence chrétienne dans la région", prévient Mohamad Sammak, secrétaire général du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien au Liban, interrogé par France24.
 
 
 
Synode des évêques du Moyen-Orient : 4ème Congrégation générale
Le 13 octobre 2010 - (E.S.M.) - Mardi 12 octobre 2010, à 16h30, avec la récitation de la prière Pro felici Synodi exitu, a débuté la Quatrième Congrégation générale, pour la continuation des interventions des Pères synodaux en salle.
Synode des évêques du Moyen-Orient : 4ème Congrégation générale
Le 13 octobre 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Mardi 12 octobre 2010, à 16h30, avec la récitation de la prière Pro felici Synodi exitu, a débuté la Quatrième Congrégation générale, pour la continuation des interventions des Pères synodaux en salle sur le thème L’Eglise catholique au Moyen-Orient: Communion et témoignage. "La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme" (Ac 4, 32).

Le Président délégué du jour était: S.B. Ignace Youssef III YOUNAN, Patriarche d’Antioche des Syriens (LIBAN).

Les interventions sur le thème du Synode ont été suivies par un temps d’interventions libres en présence du Saint-Père.

A cette Congrégation générale, qui s’est achevée à 19h00 par la prière de l’Angelus Domini, étaient présents 161 Pères.

INTERVENTIONS EN SALLE (SUITE)

- S. B. Gregorios III LAHAM, B.S., Patriarche d'Antioche des Grecs-Melkites, Archêveque de Damas des Grecs-Melkites (SYRIE)
La paix, la convivialité et la présence chrétienne dans le monde arabe sont liés d’une manière existentielle et ferme. La présence chrétienne dans le monde arabe est menacée par les cycles de guerres qui s’abattent sur cette région berceau du christianisme.
La cause principale est le conflit israélo-palestinien: les mouvements fondamentalistes, le mouvement Hamas, le Hezbollah sont les conséquences de ce conflit comme les discordes internes, la lenteur dans le développement, la naissance de la haine, la perte de l’espoir chez les jeunes qui sont 60 % de la population des pays arabes.
L’émigration des chrétiens : Parmi les suites les plus dangereuses du conflit israélo-palestinien: l’émigration qui fera de la société arabe une société d’une seule couleur, uniquement musulmane face à une société européenne dite chrétienne. Si cela arrivait, et que l’Orient est vidé de ses chrétiens, cela voudrait dire que toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l’Orient arabe musulman et l’Occident chrétien.
La confiance entre l’Orient et l’Occident: Le rôle des chrétiens est de créer l’atmosphère de confiance entre l’Occident et le monde musulman pour travailler à un nouveau Proche-Orient sans guerre.
Appel à nos frères et concitoyens musulmans : Pour convaincre les chrétiens de rester, nous pensons qu’il est nécessaire de nous adresser à nos frères musulmans pour leur dire avec franchise quelles sont nos peurs : la séparation de la religion et de l’Etat, l’arabité, la démocratie, nation arabe ou nation musulmane, droits de l‘homme et lois qui proposent l’islam comme seule ou principale source des législations qui sont un obstacle à l’égalité de ces mêmes citoyens devant la loi. Il y a aussi les partis fondamentalistes, l’intégrisme islamique, auxquels sont attribués des actes, de terrorisme, de meurtre, des incendies d’églises, des extorsions, au nom de la religion et qui, forts du fait majoritaire, humilient leurs voisins.
Faire la paix, c’est le grand défi : C’est le grand jihad et le grand bien. C’est la vraie victoire et la vraie garantie pour l’avenir de la liberté, de la prospérité et de la sécurité pour nos jeunes, chrétiens et musulmans, qui sont l’avenir de nos Patries.

- S. Exc. Mgr Pierre BURCHER, Evêque de Reykjavïk (ISLANDE)
Les évêques de la Conférence Episcopale du Nord (NBK) sont conscients avec leurs frères et soeurs au Moyen-Orient qu’en plus de la difficile situation politique et de la confrontation avec des extrémismes musulmans, un problème difficile réside en particulier dans l’émigration des chrétiens. Ce problème sera résolu seulement avec la solution définitive du conflit israélo-palestinien. Le moment urgent de la réconciliation et de la paix est maintenant venu! Les chrétiens du Moyen-Orient, au lieu de fuir la région, sont particulièrement indispensables dans ce processus vital de justice et de paix. En effet, ils ont eux hérité le mandat chrétien du pardon. Il n’en va donc pas seulement de leur bon accueil à l’étranger, mais bien plus de leur présence au Moyen-Orient comme sauvegarde d’une culture historique vitale pour le monde entier. La paix est la vocation urgente de la Terre Sainte! La justice pour les trois religions monothéistes est que Jérusalem soit une ville ouverte pour tous!
L'émigration des chrétiens provenant des Pays orientaux a aussi touché le Nord de la terre. Une des raisons en est sans doute le développement économique galopant de ces cinq pays nordiques de notre Conférence épiscopale. Depuis sa crise d’il y a deux ans, il faut cependant en soustraire maintenant l’Islande. Ces cinq Pays sont caractérisés par un pourcentage de catholiques de seulement 2 à 3 % de la population totale, la grande majorité étant luthérienne. Cela correspond, dans plusieurs pays orientaux, au pourcentage des chrétiens par rapport aux musulmans. La situation pastorale dans nos pays du Nord est donc celle d’une diaspora. De plus, elle est très diversifiée et réalise des expériences positives avec des prêtres et des religieux provenant des Pays orientaux. Dans bien des endroits, les églises catholiques sont prêtées aussi bien aux chrétiens catholiques qu’aux non catholiques pour leur Divine Liturgie. C’est là aussi le signe d’un oecuménisme pratique!
 

 

Courrier international
VATICAN • Ouverture d'un synode pour le Moyen-Orient
11.10.2010
Le pape Benoît XVI a ouvert un synode des évêques du Moyen-Orient dimanche 10 octobre à Rome en lançant un appel à la paix dans cette région où les chrétiens sont en net recul. Il a également appelé à y renforcer l'évangélisation : "Il faut que les Eglises orientales catholiques fleurissent." Pendant deux semaines, quelque 180 évêques discuteront des enjeux de la région, notamment du conflit israélo-palestinien et de l'islamisation de l'Irak.
 
 


Le Figaro.fr
Rome veut sauver les chrétiens d'Orient
Le figaro 11 10 2010 Jean-Marie Guénois

• Membres du clergé d'Orient assistant à la messe d'ouverture du synode, dimanche au Vatican.
INFOGRAPHIE - Les pressions de l'islam radical dans le berceau du christianisme sont au cœur du synode qui s'ouvre au Vatican.
 
De notre envoyé spécial à Rome.
Prendre «de la hauteur» et analyser les problèmes du Proche-Orient avec le «regard de Dieu»: telle est l'ambition que Benoît XVI a fixée, dimanche matin dans la basilique Saint-Pierre, aux 246 patriarches, évêques, prêtres et experts de cette région du monde qu'il a convoqués à Rome, pour deux semaines d'un synode consacré à l'avenir des chrétiens de Terre sainte.
Faire en sorte que ces chrétiens puissent ressentir «la joie de vivre en Terre sainte», a-t-il insisté dans son homélie. Qu'ils puissent aussi échapper au «découragement» et à la tentation de fuir… Le phénomène de diaspora des chrétiens vers l'Occident a en effet atteint sa cote d'alerte. Il constitue la raison majeure de la convocation de ce synode. Le maintien des chrétiens sur cette terre qui est «le berceau» du christianisme, mais aussi du judaïsme et de l'islam, à travers les dix pays représentés au synode (Turquie, Syrie, Chypre, Irak, Iran, Liban, Jordanie, Israël, Territoires palestiniens, Egypte), passe «avant tout» pour Benoît XVI par un «droit humain fondamental»: celui pour les chrétiens de «vivre dignement dans leur propre patrie».
• « Instrument d'unité et de réconciliation»
Le document de travail préparatoire (Instrumentum Laboris) de ce synode, remis symboliquement par le Pape aux Eglises du Proche-Orient, sur l'île de Chypre, le 6 juin dernier, adoptait un ton sans concession vis-à-vis de l'islam radical -un ton qui n'a pas été celui du Pape dimanche. Benoît XVI a plutôt mis l'accent sur trois conditions pour qu'une convivialité soit possible entre fidèles des trois grandes religions: l'engagement de la communauté internationale pour «soutenir un chemin fiable, loyal et constructif vers la paix»; l'engagement des «religions majoritairement présentes dans la région», le judaïsme et l'islam, pour «promouvoir les valeurs spirituelles qui unissent les hommes et excluent toute expression de violence»; l'engagement, enfin, des chrétiens eux-mêmes, non seulement dans les domaines où ils sont déjà très présents -l'action sociale et l'éducation- mais sur le terrain plus délicat de «la pratique du pardon et de la réconciliation». Car telle est, aux yeux du Pape, la vocation profonde de l'Eglise catholique: être un «signe et un instrument d'unité et de réconciliation».


Sondage des communautés
Dès lundi matin, les «pères synodaux», comme on les appelle, vont donc travailler avec le Pape -qui va suivre la plupart des séances. Tout d'abord en assemblée générale, où chacun va prendre la parole individuellement dans sa langue, dont l'arabe, l'une des langues officielles de cette réunion. Puis, dans un second temps, par groupes linguistiques d'une quinzaine de personnes. Au terme des deux semaines, un «message» du synode sera publié. Cette première synthèse sera également accompagnée de «propositions» concrètes, votées en assemblée synodale. Transmises au Pape, ces «propositions» lui serviront à écrire, d'ici à plusieurs mois, une «exhortation post-synodale» qui restera le document de référence de ce synode; Benoît XVI restant libre de retenir, ou de rejeter, telle ou telle proposition.
L'Eglise catholique convoque régulièrement des synodes -le dernier, en octobre 2009, fut consacré à l'Afrique- pour faire le point sur une région du monde ou sur une question théologique, comme celle de l'usage de la Bible en 2008. Outre la réunion de tous les responsables et spécialistes qu'ils occasionnent, les synodes sont précédés d'un sondage direct des communautés locales concernées. Trente-deux questions précises ont été ainsi envoyées par Rome à des milliers d'exemplaires dans tout le Proche-Orient, en décembre dernier, pour préparer ces deux semaines romaines. Les réponses ont servi à élaborer un document de travail.
Une préoccupation a ainsi été mise en évidence. Elle dominera les échanges romains: «Avec la montée de l'intégrisme islamique, les incidents contre les chrétiens augmentent un peu partout.»
 
 
Mgr Fouad Toual : «Nous ne disparaîtrons pas !»
Par Adrien Jaulmes
Le Figaro du 11/10/2010


• INTERVIEW - Sa béatitude Fouad Toual est, depuis 2008, le neuvième patriarche latin de Jérusalem depuis le rétablissement du patriarcat dans la Ville sainte, en 1847. D'origine jordanienne, il est le deuxième patriarche arabe placé à la tête du diocèse. Il a choisi comme devise pour sa mission : «Mon cœur est prêt.»  
 
LE FIGARO - La tenue d'un synode consacré aux chrétiens d'Orient indique la préoccupation du Vatican. Quel est l'objectif de cette réunion exceptionnelle?
Mgr Fouad Toual - L'idée de ce synode a été lancée par le Saint-Père après sa visite en Terre sainte, en mai 2009, quand il a vu la situation lamentable des chrétiens d'Orient, leur émigration massive, véritable hémorragie humaine, et senti les conséquences désastreuses du conflit entre Juifs et Arabes palestiniens. Il y a de tristes points communs à toutes les églises du Moyen-Orient, que ce soit en Irak, au Liban, en Palestine ou ailleurs: l'émigration, qui réduit la taille des communautés, et la peur des chrétiens d'Orient. Le thème de ce synode est «communion et témoignage». Communion, cela va de soi: il n'y a qu'à voir les divisions des chrétiens entre eux. Ne serait-ce qu'à Jérusalem, nous avons treize Eglises et trois patriarches. Même si nous disons que nous entretenons de bons rapports, les divisions demeurent,
Au-delà des points communs dans la situation des chrétiens dans tous les pays du Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien rend-il la situation de votre diocèse particulière?
L'occupation ne fait qu'aggraver des problèmes qui se posent ailleurs. Nous avons, pour la première fois, je crois, aussi clairement dans un document du Saint-Siège, évoqué les conséquences de l'occupation militaire israélienne, qui est l'une des principales causes de l'émigration des chrétiens, la réduction de leur liberté de mouvement et la situation économique très difficile qu'ils subissent. Il suffit de voir ces murs et ces checkpoints pour se rendre compte que ce n'est pas une vie normale.
Y a-t-il un risque de voir dans un avenir plus ou moins proche les communautés chrétiennes disparaître d'une région qui fut le berceau du christianisme?
Non, je ne crois pas. Nous risquons de voir le nombre de chrétiens se réduire, mais pas au point de voir disparaître leurs communautés. Ma certitude est que la Terre sainte ne sera jamais vide de chrétiens. Dans le patriarcat de Jérusalem, qui couvre Israël et la Palestine mais aussi la Jordanie, nous avons heureusement encore des familles nombreuses.
A combien estimez-vous le nombre de chrétiens dans votre diocèse?
En Jordanie et Palestine, toutes Eglises confondues, nous arrivons à environ 500.000 personnes. Il ne faut pas oublier que, si des chrétiens locaux émigrent, nous assistons aussi à l'arrivée de nouvelles populations. Nous avons en Israël et en Palestine une nouvelle communauté d'environ 40.000 Philippins, et autant en Jordanie, sans parler des Indiens et des Soudanais.
Parmi les raisons de l'exode des chrétiens de Terre sainte figure très clairement dans le document de travail du synode la montée de l'islam radical et politique. Quelles sont les conséquences de ce radicalisme musulman?
La peur que suscite la montée du radicalisme, qu'il soit musulman ou juif, d'ailleurs, est la troisième raison de l'émigration, après les problèmes économiques et politiques. L'extrémisme, d'où qu'il vienne, n'aide à rien. Il ne faut pas laisser le dernier mot aux fondamentalismes. Il existe assez de modérés, chez les juifs comme chez les musulmans, et il ne faut pas les laisser seuls.
Ces fondamentalistes musulmans voient souvent les chrétiens d'Orient comme une tête de pont de l'Occident, et ceci depuis le XIXe siècle, alors qu'ils sont pourtant des autochtones, dont la présence est plus ancienne que l'Islam...
Nous souffrons de deux côtés. Les Israéliens nous considèrent comme des Arabes palestiniens à 100% et nous infligent le même traitement qu'aux musulmans. Les musulmans fondamentalistes nous identifient avec l'Occident chrétien, qui d'ailleurs ne l'est pas toujours tellement, et voudraient nous en faire payer le prix. Nous devons avoir le courage d'accepter d'être arabes et chrétiens, et d'être fiers de cette identité. Notre belle mission est d'être un pont entre l'Orient et l'Occident, pour aider au dialogue.
Quel message envoyez-vous aux importantes communautés chrétiennes émigrées en Amérique du Sud ou du Nord, en Europe ou en Australie? Leur conseillez-vous de rentrer en Terre sainte?
Il y a des initiatives dans presque chaque paroisse de Palestine. Après le synode, je continue mon voyage au Chili, en Argentine, en Colombie et au Honduras, pour entrer en contact avec nos fidèles en diaspora, pour les inviter soit à revenir, soit à envoyer leurs enfants durant l'été pour apprendre l'arabe, et en tout cas pour qu'ils ne perdent jamais le contact avec leur Eglise mère, leur terre natale. Nous envisageons de lancer des projets en Terre sainte pour que des jeunes viennent étudier ici et renforcent leurs liens avec leurs Eglises d'origine.
Y a-t-il un désarroi spirituel en plus des difficultés politiques et économiques?
Je souffre avec mes fidèles de l'injustice de cette violence qui se déploie autour de nous, et je souhaite une vie normale. Se réveiller le matin normalement, aller travailler, aller à l'hôpital, aller visiter les Lieux saints. Prier comme tous les pèlerins. Ce n'est pas possible pour les chrétiens palestiniens. C'est triste et tragique. Nous avons toute une jeune génération de chrétiens qui ne savent pas où se trouve le Saint-Sépulcre. C'est aussi un problème pour l'avenir: quelle nouvelle génération préparons-nous si nous devons un jour vivre ensemble, Israéliens et Palestiniens, en bon voisinage?
 

 
La Croix.com
10/10/2010 18:13

Le pape a ouvert le Synode pour le Moyen-Orient

Lors d’une célébration solennelle dimanche 10 octobre à Saint-Pierre de Rome, le pape a fixé la feuille de route d’une assemblée synodale, certes pastorale mais à haute teneur politique
Des patriarches et évêques des Eglises catholiques orientales lors de la messe d'ouverture de l'assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, dimanche 10 octobre en la basiliuque Saint-Pierre de Rome (AP/Andrew Medichini).

«Chaque petit pas qui peut être réalisé est un pas en avant. Sur le chemin, chaque pas compte. » Le cardinal français Roger Etchegaray, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, vient d’entrer dans la basilique Saint-Pierre, ce dimanche matin, pour la célébration d’ouverture de l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient.

A ses yeux, ce dernier doit relever un triple défi : encourager la communion entre sept Eglises catholiques orientales liées à Rome, tout comme l’œcuménisme avec les orthodoxes ; favoriser le dialogue avec l’islam et le judaïsme au cœur d’une région déchirée par la violence et la montée des fondamentalismes. Et surtout tenter d’enrayer l’hémorragie des catholiques, « afin que la Terre de Jésus ne devienne pas un musée rempli de monuments et de pierres précieuses », selon les termes employés vendredi par Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode.

Malgré une tonalité massivement latine, la célébration d’ouverture, qui a réuni autour de Benoît XVI 177 pères synodaux (19 cardinaux, 9 patriarches, 72 archevêques, 67 évêques et 10 prêtres) a connu quelques accents orientaux. L’Evangile a été proclamé en latin et grec, tandis que la prière universelle a été prononcée en arabe, hébreu et farsi.

A noter, au lendemain de la visite au pape de Nicolas Sarkozy, l’intention dite en turc : « Que le Seigneur favorise le développement de la laïcité positive des Etats et la promotion des droits de l’homme. » L’offertoire a été accompagné par le chant Pain de la vie en arabe. Lors de la procession d’entrée, la diversité et la richesse des vêtements liturgiques orientaux contrastait avec la sobriété des vêtements latins. 
Pour la première fois, l’arabe est une des langues officielles d’un Synode romain
 Dans son homélie, Benoît XVI a insisté à plusieurs reprises sur l’indispensable communion : « Sans communion, il ne peut pas y avoir de témoignage : le grand témoignage est précisément la vie de communion. » Et il a décliné : « Avant tout, au sein de chaque Eglise, parmi tous ses membres. (…) Et puis dans les rapports avec les autres Eglises. Cette occasion est également propice pour poursuivre de façon constructive le dialogue avec les juifs auxquels nous lie de manière indissoluble la longue histoire de l’Alliance, tout comme celui avec les musulmans. »

Le pape a ensuite renouvelé l’appel traditionnel de l’Eglise, « vivre dignement dans sa propre patrie est avant tout un droit humain fondamental », appelant « les religions majoritairement présentes dans la région à promouvoir les valeurs spirituelles et culturelles qui unissent les hommes et excluent toute expression de violence ».

Lundi matin à neuf heures débutera dans l’amphithéâtre du Synode, situé au premier étage de la grande salle Paul VI, la première « congrégation générale » des 185 pères synodaux (dont 140 de traditions orientales catholiques) consacrée au rapport du Secrétaire général. Puis s’égrèneront les interventions libres. Pour la première fois, l’arabe est une des langues officielles d’un Synode romain.
 
 

Mgr Sako : «N'ayons pas peur !»
Frédéric MOUNIER, à Rome
09/10/2010 9:12


Au coeur du Moyen-Orient, avec le synode
A l'occasion du synode des évêques sur le Proche-Orient, La Croix, en partenariat avec Radio Vatican, RCF et l'Oeuvre d'Orient, propose chaque jour un entretien avec une personnalité autour des enjeux de ce rassemblement.

Mgr Louis Sako
Archevêque chaldéen de Kirkouk (Irak)

Premier à avoir exprimé devant Benoît XVI l'idée de ce synode, Mgr Sako revient sur la situation des chrétiens dans son pays destabilisé, sur le défi posé par l'islam et livre ses attentes de cette assemblée synodale dont le coup d'envoi sera donné par la messe d'ouverture, présidée dimanche 10 octobre par Benoît XVI.
 

 
 
 
Chrétiens, un avenir en Orient
LA CROIX du 8/10/2010
 
Dimanche 10 octobre s'ouvre à Rome le Synode des évêques pour les Eglises du Moyen-Orient. Quinze jours de débat qui devraient permettre aux chrétiens de cette région de réfléchir à leur place dans la société
 
Des patriarches orientaux catholiques lors de la messe célébrée par Benoît XVI, le 6 juin 2006 au stade Eleftheria de Nicosie, à Chypre (Photo : Alessia GIULIANI/CPP/CIRIC).

Le 10 octobre s’ouvre, au Vatican, l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient. Jusqu’au 24 octobre, il sera question de l’avenir des sept Eglises catholiques d’Orient, soit 5,7 millions de fidèles, auxquelles il faut ajouter les 10,7 millions de chrétiens orthodoxes. Au total, donc, 16,5 millions de chrétiens, une toute petite minorité parmi les 360 millions d’habitants, très majoritairement musulmans, de la région.

Sous la présidence effective du pape, et dans un contexte local très tendu, ils diront au monde, et à l’Eglise latine, qu’on peut être croyant en Orient sans être musulman. Et chrétien autrement que selon le rite latin. Cinq points devraient retenir l’attention.

L’EMIGRATION. Seule la paix pourra tarir l’hémorragie
 Le constat. Les chiffres sont éloquents, l’émigration chrétienne hors du Moyen-Orient est massive et diverse. « Plus de la moitié des Palestiniens, en majorité chrétiens, vivent hors du Moyen-Orient. Ils sont ainsi plus de 300 000 au Chili. La moitié des chaldéens, soit environ 400 000, ont récemment fui l’Irak, en raison de la guerre », constate Giuseppe Caffulli, directeur des Editions Terra Santa (éditeur italien de la custodie franciscaine de Terre sainte).

Historiquement, on sait que des territoires entiers peuvent se vider d’une présence chrétienne : en un siècle, la Turquie est passée de 25% à 0,13% de chrétiens. Cette hémorragie n’est pas anodine. Les chrétiens, par leurs institutions (écoles, hôpitaux, universités) ouvertes à tous, sont des facteurs de dialogue et de contact entre les communautés. Leur exil entraîne donc un véritable appauvrissement culturel.

Le Synode devra aussi se pencher sur les conséquences juridiques de cette émigration massive. Parfois, les diasporas sont plus importantes que les communautés d’origine ; les patriarches demandent un droit de juridiction universelle leur permettant d’établir une hiérarchie hors de leur territoire, à l’instar des Eglises orthodoxes.

Les solutions. « Certes, nous pouvons aider les familles à se loger, à trouver un emploi. Mais ce serait sans commune mesure avec l’ampleur du problème, confirme à La Croix le P. David Jaeger, qui fut le délégué du Custode de Terre sainte à Rome. La plus grande œuvre de charité consiste à convaincre les pays occidentaux de faire leur possible pour construire une paix durable et sûre au Moyen-Orient. »

Et Mgr Philippe Brizard, ancien directeur de l’œuvre d’Orient, précise : « Pour rester sur place, ils devraient pouvoir être des agents actifs du développement social, notamment à travers la levée des discriminations pour l’accès aux fonctions publiques. » Il faut également noter, plus récemment, une immigration chrétienne importante vers le Moyen-Orient, en provenance d’Asie du Sud-Est : Kerala, Sri Lanka, Philippines… 

L’ISLAM. Vers la liberté religieuse pour tous ?
 Le constat. Ce dossier est extrêmement sensible. A Rome, chacun se souvient des conséquences imprévues des propos du pape à Ratisbonne, le 12 septembre 2006 : assassinat d’une religieuse, églises brûlées. Ou de l’assassinat de Mgr Luigi Padovese, président de la Conférence épiscopale turque, le 3 juin 2010, peu avant la remise par Benoît XVI à Chypre de l’Instrumentum laboris aux évêques orientaux.

En Orient, la population musulmane fait très vite l’amalgame entre Occidentaux, chrétiens et « croisés ». Juridiquement, le problème est le respect de la liberté religieuse, et de l’Etat de droit, dans les pays. C’est pourquoi le Saint-Siège, dans l’Instrumentum laborisen appelle à une « laïcité positive », inspirée de la laïcité à la française.

Les solutions. L’instauration d’une citoyenneté unique marquerait la fin des exemptions consenties aux minorités religieuses, dont les chrétiens. Pour le P. Jaeger, « le problème, c’est l’accès à la démocratie. Il ne faut pas séparer le sort des chrétiens du sort des autres : il n’existe pas de liberté religieuse sans respect de l’ensemble des droits de l’homme.

La solution est liée au degré de développement juridique et démocratique du pays. » Venant de Rome, les indications sont claires : « Le dialogue avec l’islam, indispensable pour travailler ensemble au bien commun, est un pèlerinage ; l’essentiel est de rester sur la route », affirme un proche du dossier.

Pour autant, les patriarches des Eglises orientales reprochent parfois à Rome un certain irénisme, et demandent l’application d’une véritable réciprocité. Mgr Joseph Kallas, évêque de Beyrouth et de Byblos pour les melkites, avance : « On ne change pas le monde musulman en le matant, mais en le développant socialement et culturellement. Il faut développer la fraternité avant d’exiger l’unité de la foi ou celle de l’administration. » 

LA COMMUNION. Vers l’unité des Eglises catholiques arabes ?
 Le constat. Mgr Philippe Brizard rappelle : « Il n’existe pas entre ces Eglises de problèmes christologiques ou sacramentels. Ce Synode pourra être un véritable moment de communion, une expérience d’Eglise commune. Mais, pour cela, les Eglises d’Orient, souvent plus préoccupées de marquer la différence avec le voisin que de réaliser des actions communes, devront dépasser leurs particularismes. »

En sachant que, de l’Occident, « elles n’attendent surtout pas des leçons ! » Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem, est plus sévère (lors de la conférence du 13 mai 2010 à Jérusalem) : « Actuellement, cette communion laisse à désirer. Les Eglises orientales ont besoin d’une révolution semblable à Vatican II pour s’adapter, se moderniser et pouvoir mieux répondre aux besoins de leurs fidèles. »

Comme le relève Mgr Louis Sako, évêque de Kirkouk (Irak), « avoir cinq évêques catholiques dans la même ville, pour de petites communautés, est un handicap ».

Les solutions. A Rome, on est confiant : Le pape est pour ces Eglises un facteur de communion, affirme un spécialiste romain. L’Instrumentum laboris insiste : « Le danger est dans le repli sur soi et la peur de l’autre. Il faut à la fois renforcer la foi et la spiritualité de nos fidèles et resserrer le lien social et la solidarité entre eux, sans tomber dans une attitude de ghetto. » Et le texte propose que « tous les cinq ans, une Assemblée rassemble l’ensemble de l’épiscopat au Moyen-Orient ». 

L’ŒCUMENISME. Tous ensemble pour le bien commun
 Le constat. Dans la plupart des pays concernés, il se pratique un véritable « œcuménisme populaire » entre catholiques et orthodoxes. Certes, l’appartenance ecclésiale est précise, mais les relations au quotidien sont importantes.

Pas partout : en Egypte, la situation est tendue entre la petite minorité copte-catholique et les millions de coptes-orthodoxes, eux-mêmes discriminés par rapport à l’islam dominant. Il faut se souvenir en effet qu’historiquement, les Eglises catholiques orientales sont issues de l’orthodoxie. D’où de nombreuses frictions.

Mgr Joseph Kallas, évêque de Beyrouth et de Byblos pour les melkites, porte une analyse qui semble assez largement partagée : « Ce Synode n’avancera pas l’union avec les Eglises orthodoxes tant que le fondement d’unité théologique ne sera pas établi. » Manière de renvoyer le dossier à Rome.

Les solutions. C’est en effet bien à Rome que se trouve la clé du dossier œcuménique au Moyen-Orient. Benoît XVI ne cesse d’affirmer que le bien commun à construire ensemble justifie la mise en évidence des valeurs communes. Il le dira à nouveau, probablement, au cours du Synode, en insistant sur l’unification possible des fêtes chrétiennes (Noël et Pâques) et la gestion commune des lieux saints de Terre sainte. 

JERUSALEM ET LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN. Soutenir les populations
 Le constat. Dossier sensible, très politique, focalisé sur la Terre sainte, où les chrétiens sont souvent pris en tenailles entre les deux protagonistes. Dans ses discours en Terre sainte, en mai 2009, Benoît XVI a su conserver un savant équilibre entre les deux parties. Les négociations trilatérales impliquant les Etats-Unis, Israël et les Palestiniens, si elles peuvent être décisives pour l’avenir, « manquent cruellement d’un véritable médiateur », constate un diplomate du Saint-Siège, assez pessimiste sur l’évolution du dossier.

En Israël, les difficultés quotidiennes des Palestiniens chrétiens, pour aller et venir, se soigner, éduquer leurs enfants ou simplement aller prier à Jérusalem, restent une blessure ouverte.

Les solutions. Le Saint-Siège a toujours soutenu le droit des Israéliens et des Palestiniens à vivre dans deux Etats séparés, reconnus et sûrs. L’Instrumentum laboris évoque « l’occupation israélienne des Territoires palestiniens ». Et les négociations semblent traîner en longueur entre Israël et le Saint-Siège, notamment sur le statut des lieux saints et la liberté de circulation des chrétiens là-bas.
 

Frédéric MOUNIER

 


 
REUTERS et EXPRESS
Par Reuters, publié le 10/10/2010 à 17:04
Le pape ouvre le synode des évêques du Moyen-Orient

Le pape Benoît XVI a ouvert dimanche un synode des évêques du Moyen-Orient en lançant un appel à la paix, à la justice et à l'harmonie dans cette région troublée où le christianisme est en net déclin.
"Vivre de manière digne dans son propre pays est, avant tout, un droit de l'homme fondamental.
"Dès lors, il faut promouvoir les conditions de paix et de justice, qui sont nécessaires pour le développement harmonieux de tous ceux qui vivent dans la région", a dit le pape.
Quelque 180 évêques, venus pour la plupart du Proche-Orient, discuteront pendant deux semaines des problèmes rencontrés par les chrétiens de la région, allant du conflit israélo-palestinien à une tendance à la radicalisation de l'islam en Irak, en passant par la crise économique, sans oublier les divisions entre les nombreuses Eglises chrétiennes de la région.
BERCEAU DU CHRISTIANISME
Les évêques sont issus d'Eglises locales liées à Rome, mais l'exode continu de tous les chrétiens de la région, qu'ils soient catholiques, orthodoxes ou protestants, les conduit à se pencher plus largement sur les défis auxquels sont confrontés tous les chrétiens du Proche-Orient, quelle que soit leur obédience.
Si la situation des chrétiens du Proche-Orient varie d'un pays à l'autre, elle est dans l'ensemble dramatique. Les chrétiens qui, il y un siècle, constituaient 20% environ de la population de la région, n'y représentent plus que cinq pour cent des habitants et leur nombre ne cesse de décliner.
Au cours de la messe d'ouverture, dimanche, des prières ont été dites en plusieurs langues de la région, y compris l'arabe, qui sera pour la première fois une langue officielle d'un synode.
Des personnalités musulmanes et juives ont aussi été invitées à s'exprimer au synode, notamment un ayatollah iranien et un rabbin de Jérusalem.
Le pape a rappelé dimanche que le Proche-Orient était le berceau du christianisme et il a souligné que ceux qui y vivent doivent prendre conscience "qu'ils sont des pierres vivantes de l'Eglise du Moyen-Orient".
Lors de la prière de l'Angélus, il a aussi exhorté les chrétiens de la région à ne pas se décourager face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Nicole Dupont pour le service français
 

Dossier chrétiens d’Orient
Pascal Gollnisch : "Le rôle des chrétiens d’Orient est capital"
 Xavier Accart - publié le 07/10/2010 LA VIE

Pascal Gollnisch est le nouveau directeur de l’Œuvre d’Orient, qui aide les chrétiens dans 21 pays. Grand voyageur, il connaît la plupart de ceux dans lesquels l’Œuvre intervient.

Quel est le sens de la présence des chrétiens au Moyen-Orient ?

Ils jouent un rôle important dans l’animation de dispensaires et d’écoles qui profitent à tous. Mais, surtout, ils portent dans leur tradition cette distinction essentielle entre la sphère politique et la sphère religieuse qui fait défaut dans ces pays. La laïcité est une idée chrétienne avant tout. Le christianisme est mieux armé que l’islam et le judaïsme pour résister à l’instrumentalisation politique de la religion. Enfin, les chrétiens par les valeurs communes qu’ils partagent avec l’Occident constituent pour ces sociétés un trait d’union avec le monde extérieur.

Quelle est l’importance de leur présence pour nous Occidentaux ?

Le Moyen-Orient est le berceau spirituel du judaïsme, de l’islam et du christianisme. Ce serait extrêmement traumatisant pour nous que les chrétiens soient les seuls absents de cette région source. Ensuite, ces Eglises, aussi anciennes que l’Eglise de Rome, nous rappellent que le christianisme n’est pas la religion des Occidentaux. C’est une religion née en Asie, africaine, avec une présence en Egypte dès les premiers temps, et européenne, avec la Grèce et Rome. Nous, latins, avons trop tendance à nous prendre pour le centre du christianisme. Aussi ce synode est-il une chance pour nous de devenir réellement catholique en prenant conscience de cette diversité constitutive de l’Eglise. Ces traditions orientales peuvent en outre beaucoup nous apprendre, en matière de liturgie mais aussi d’exercice de l’autorité. Nous redécouvrons par exemple, depuis Vatican II, la collégialité, qui associe l’assemblée des évêques au patriarche, que les chrétiens d’Orient pratiquent depuis des siècles.

Les chrétiens d’Orient  pourront-ils être sauvés ?

Il ne s’agit pas tant de leur maintenir la tête hors de l’eau que d’affirmer le droit à leur présence
au Moyen-Orient et d’ouvrir des perspectives d’avenir. Les Eglises d’Orient ne sont pas destinées à finir derrière les vitrines d’un musée, elles ont une mission à assumer. Toute Eglise est une Eglise naissante. D’ailleurs, le thème du synode, Témoignage et mission, pointe vers cet avenir.
 


Liban
Communautés

Benoît XVI à la rescousse des Eglises catholiques du M-O
Par Fady NOUN | lundi, octobre 11, 2010

La messe marquant l’ouverture du synode consacré « au présent et à l’avenir » des chrétiens du Moyen-Orient, à Saint-Pierre de Rome. Tony Gentile/Reuters
Le pape Benoît XVI a donné hier, à Saint-Pierre de Rome, le coup d’envoi d’un important et historique synode consacré « au présent et à l’avenir » des chrétiens du Moyen-Orient, une région qui, a-t-il dit magnifiquement, « est le berceau d’un dessein universel ». Une bouffée d’espérance pour des Eglises affaiblies par les émigrations.
C'est dans l'espoir d'une « nouvelle Pentecôte » qui les renouvellerait que le pape Benoît XVI a donné hier le coup d'envoi d'une assemble spéciale du synode des évêques consacré aux « vénérables » Eglises du Moyen-Orient. L'assemblée se tiendra jusqu'au 24 octobre.
La messe solennelle célébrée à Saint-Pierre de Rome, à cette occasion, a permis au pape de justifier son appel. C'est dans cette partie du monde, a-t-il dit, que « le dessein universel de salut dans l'amour » s'est manifesté dans l'histoire. « Et nous aussi, a-t-il enchaîné, en tant que croyants, nous regardons vers le Moyen-Orient avec ce même regard, dans la perspective de l'histoire du salut. C'est cette optique intérieure qui m'a guidé dans les voyages apostoliques en Turquie, en Terre sainte - Jordanie, Israël, Palestine - et à Chypre, où j'ai pu connaître de près les joies et les préoccupations des communautés chrétiennes. C'est pour cela que j'ai accueilli volontiers la proposition des patriarches et des évêques de convoquer une assemblée synodale afin de réfléchir ensemble, à la lumière de l'Ecriture sainte et de la Tradition de l'Eglise, sur le présent et sur l'avenir des fidèles et des populations du Moyen-Orient. »
Dans la pensée du pape, la sollicitude pour les chrétiens du Moyen-Orient est inséparable de celle qu'il nourrit à l'égard de toutes les autres communautés. Réfléchir « au présent et à l'avenir des chrétiens », c'est indissolublement réfléchir à ceux de leurs compatriotes musulmans.
Dans son homélie, le pape n'en a fait, à aucun moment, explicitement mention. Mais ce qui inquiète les Eglises locales, et les documents préparatoires au synode le disent clairement, c'est le mouvement d'émigration des chrétiens hors du Moyen-Orient, avec une prédilection spéciale pour les fidèles de Terre sainte, berceau géographique, humain et culturel du christianisme.
Les chiffres à cet égard parlent d'eux-mêmes. Moins de 2 % de chrétiens palestiniens dans la Palestine historique ; Bethléem, Jérusalem, vidés de leurs chrétiens ; 0,2 % de chrétiens en Turquie où ils représentaient 20 % de la population au début du XXe siècle ; 600 000 chrétiens en Irak où, il y a seulement 20 ans, ils étaient 1,2 million.

Le problème majeur
Les causes de cette hémorragie sont multiples et le synode est appelé à les articuler clairement. On prête à Benoît XVI l'idée que le problème majeur qui se pose aujourd'hui, non pas seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde, ce sont les rapports avec l'islam. Les courants islamiques extrémistes, certaines expressions étatiques de l'islam, qui ont tendance à se radicaliser, sont bien sûr en cause.
Mais rejeter l'essentiel de la responsabilité sur la cohabitation de plus en plus difficile avec l'islam - ou le Judaïsme - ne répond pas entièrement des faits. Des conditions économiques difficiles sont également en cause. Le chômage, le retard dans le décollage économique, les régimes corrompus sont certainement en cause, ainsi d'ailleurs que l'inégalité des échanges internationaux, la course aux armements, les politiques internationales basées essentiellement sur la recherche de l'intérêt économique ou stratégique des grandes puissances.
En outre, si, pour endiguer l'émigration - on ne pourra jamais arrêter complètement la mobilité humaine -, il faut agir sur le politique, l'économique et le social, il ne faudra pas oublier le spirituel. Les départs ne sont pas seulement physiques. Il en est de spirituels. Ce sont ceux des chrétiens atteints par l'indifférentisme, qui fait des ravages en Europe et dans les pays occidentaux, mais qui, véhiculé par la culture de ces pays et les médias, fait oublier aux chrétiens d'Orient leur identité.
Ce sont toutes ces considérations que l'assemblée synodale va examiner à partir d'aujourd'hui, dans un processus bien rodé où, selon un document synodal, « alterneront successivement l'analyse et la synthèse, la consultation des parties intéressées et les décisions prises par les autorités compétentes, suivant une dynamique qui permet la vérification continue des résultats atteints et la programmation de nouvelles propositions ».
Mais par-delà ce savant dosage, le succès du synode dépend de la bonne volonté des 185 évêques réunis, pour la première fois, autour du pape, « signe visible de l'unité de l'Eglise », comme l'a rappelé, dans une intention de prière, l'émir Hareth Chéhab, lors de la messe d'ouverture à Saint-Pierre.
Dans son homélie, Benoît XVI a rappelé que le but du synode est « principalement pastoral, même si l'on ne peut pas ignorer la délicate et parfois dramatique situation sociale et politique de certains pays ».
« Les premiers chrétiens, à Jérusalem, étaient peu nombreux, a enchaîné le pape. Personne n'aurait pu imaginer ce qui s'est réalisé par la suite. Et l'Eglise vit toujours de cette même force qui l'a fait partir puis croître. La Pentecôte est l'événement originaire, mais est aussi un dynamisme permanent, et le synode des évêques est un moment privilégié dans lequel peut se rénover dans le chemin de l'Eglise la grâce de la Pentecôte. »
S'il y a un miracle à espérer, ce sera, d'abord, de ce côté-là. Le synode apportera du nouveau, s'il est lui-même un moment de renouveau.

« Le salut passe par une médiation historique », souligne le pape dans son homélie
Voici de larges extraits de l'homélie prononcée par Benoît XVI hier, au cours de la messe solennelle d'ouverture du synode, en présence de tous les membres de cette assemblée :
« Elevons tout d'abord notre remerciement au Seigneur de l'histoire parce qu'il a permis que, malgré les vicissitudes souvent difficiles et tourmentées, le Moyen-Orient voit toujours, depuis le temps de Jésus jusqu'à aujourd'hui, la continuité de la présence des chrétiens. En ces terres, l'unique Eglise du Christ s'exprime dans la variété des traditions liturgiques, spirituelles, culturelles et disciplinaires des six vénérables Eglises orientales catholiques.
« Le salut est universel, mais il passe par une médiation déterminée, historique. La porte de la vie est ouverte pour tous, mais il s'agit bien d'une "porte", c'est-à-dire d'un passage défini et nécessaire. (...) C'est le mystère de l'universalité du salut et, en même temps, de son lien nécessaire avec la médiation historique du Christ, précédée par celle du peuple d'Israël et prolongée par celle de l'Eglise. (...) Ainsi il se révèle comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui veut conduire son peuple à la "terre" de la liberté et de la paix. Cette "terre" n'est pas de ce monde, tout le dessein de Dieu dépasse l'histoire, mais le Seigneur veut le construire avec les hommes, par les hommes et dans les hommes, à partir de coordonnées spatiales et temporelles dans lesquelles ils vivent et que Lui-même a données.
« Ce que nous appelons "le Moyen-Orient" fait partie, avec sa propre spécificité, de telles coordonnées. Cette région du monde, Dieu la voit aussi d'une perspective différente, nous pourrions dire "d'en haut" : c'est la terre d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; la terre de l'exode et du retour de l'exil ; la terre du temple et des prophètes, la terre en laquelle le Fils unique est né de Marie, où il a vécu, est mort et est ressuscité ; le berceau de l'Eglise. Et nous aussi, en tant que croyants, nous regardons vers le Moyen-Orient avec ce même regard, dans la perspective de l'histoire du salut. (...) Regarder cette partie du monde dans la perspective de Dieu signifie reconnaître en elle "le berceau" d'un dessein universel de salut dans l'amour (...). L'Eglise est constituée pour être au milieu des hommes, signe et instrument de l'unique et universel projet salvifique de Dieu ; elle accomplit sa mission en étant simplement elle-même, c'est-à-dire "communion et témoignage", comme le rappelle le thème de l'assemblée synodale (...). La Pentecôte est l'événement originaire, mais est aussi un dynamisme permanent, et le synode des évêques est un événement privilégié dans lequel peut se rénover dans le chemin de l'Eglise la grâce de la Pentecôte.
« Le but de cette assise synodale est principalement pastoral, même si nous ne pouvons pas ignorer la délicate et parfois dramatique situation sociale et politique de chaque pays (...). Le document de travail (relève) qu'il est dans son intention , sous la conduite de l'Esprit-Saint, de raviver la communion de l'Eglise catholique au Moyen-Orient. Avant tout au sein de chaque Eglise, parmi tous ses membres (...). Et puis dans les rapports avec les autres Eglises, dans le chemin œcuménique avec les autres Eglises et communautés ecclésiales présentes au Moyen-Orient. Cette occasion est également propice pour poursuivre de façon constructive le dialogue avec les juifs auxquels nous lie de manière indissoluble la longue histoire de l'Alliance, tout comme celui avec les musulmans (...).
« Malgré les difficultés, les chrétiens de Terre sainte sont appelés à raviver la conscience d'être des pierres vivantes de l'Eglise au Moyen-Orient, auprès des Lieux saints de notre salut. Mais vivre dignement dans sa propre patrie est avant tout un droit humain fondamental : c'est pourquoi il faut favoriser des conditions de paix et de justice, indispensables pour un développement harmonieux de tous les habitants de la région. Tous sont donc appelés à apporter leur propre contribution : la communauté internationale, en soutenant un chemin fiable, loyal et constructif envers la paix ; les religions majoritairement présentes dans la région, en promouvant les valeurs spirituelles et culturelles qui unissent les hommes et excluent toute expression de violence. Les chrétiens continueront à offrir leur contribution non seulement par le biais d'œuvres de promotion sociale, comme les instituts d'éducation et de santé, mais surtout avec l'esprit des béatitudes évangéliques qui anime la pratique du pardon et de la réconciliation. Dans cet engagement, ils auront toujours l'appui de toute l'Eglise (...) »